brassicanigra.org

Rien de nouveau ????

publié le 8 janvier 2009

Comme chaque année au nouvel an, des feux d’artifices ont été tirés devant la maison d’arrêt de Dijon, en solidarité avec les prisonnier-e-s

C’est la nuit sur Dijon

Rien de nouveau.

Dans les rues, deux ou trois silhouettes pressées

Chagrins solitaires sous perfusions.

C’est le rendez-vous annuel.

Cyniques, anésthésiez votre conscience :

Ce soir il convient de paraître heureux-se-s,

De boire jusqu’à la lie la mauvaise bouteille ouverte pour Noël.

Alors on va faire semblant

Comme d’hab’.

Puisqu’on nous a si bien désappris le reste

Et que nous nous sommes laissé-e-s faire :

Nous voilà atomisé-e-s dans des vies

Misérables et malheureu-x-se-s.

Nos allégeances quotidiennes

Etat, famille, école ou travail...

Sont les ennemies fidèles et redoutables de notre liberté perdue.

L’irréparable est derrière.

On a oublié qu’on pouvait vivre différemment.

On baisse la tête

Quand, passant à côté de la maison d’arrêt

On entend des clameurs sauvages, puissantes s’échanger et se répondre au delà de corps, murs enfermants pensées sclérosées dans un monde pourri promis à la destruction selon certains espoir de l’humanité selon d’autres.

Nos yeux ne s’égarent pas du côté de ces draps qui flambent de cette banderole, de ces fumigènes et feux d’artifices offerts à ceux que l’on cache, enferme à coup de matraque, de prisons ou hôpitaux « spécialisés ».

Révoltes que l’état pourchasse

Et tente de bailloner.

Infatigable.

L’histoire racontée

Par ces corps tendus les uns vers les autres

Et qui s’ hurlent leur colère et la solidarité

Indispensable pour survivre ici est trop en décalage avec notre quotidien.

Réalité marginale, abrupte et effrayante.

La découverte de ces intensités-là,

Nous terrorise.

Que deviendrait-on

Si on en venait à trouver beau

Cet incendie éphémère.

Ces cellules qui flambent.

Que deviendrait-on

Si on se laissait rêver à ces lointains enfermés et Invisibles

Ou, pire encore

Si l’on entrevoyait

Que nous sommes

Tous et toutes

Prisonnier-ère-s de cet état policier

Tous et toutes

Sur le fil,

A la merci du moindre dérapage.

Alors on continue

Aveugles et insensibles

Mort-e-s en devenir

L’ordre moral est sauf.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Machin légal | Admin | SPIP