publié le 13 octobre 2008

Voici le contenu du tract diffusé lors de cette action.
Non, nous ne serons pas flics de l’internet !
Imaginez un monde dans lequel on surveillerait vos faits et gestes, dans lequel les services postaux, par exemple, garderaient trace de tout ce qui passe par votre boîte aux lettres : quoi ; quand ; qui ; comment ; où.
Sachez que ce monde existe déjà : Internet, longtemps décrit comme un rare « espace de liberté » est victime depuis quelques années d’un acharnement particulier de la part des autorités, visant à le quadriller, à le contrôler.
Mais ce n’est pas tâche facile, car Internet est, de par sa conception, un réseau décentralisé, dont les contenus sont éparpillés aux quatre coins du globe. Dans ces conditions, difficile, voire impossible, de mettre en place une surveillance généralisée.
Les autorités ont donc eu la bonne idée de mettre à contribution les acteurs de l’Internet – sans pour autant les consulter, bien entendu – en leur imposant le fichage systématique de ce qui passe par leurs serveurs. C’est l’objet de la directive 2006/24/EC de l’Union Européenne.
La France avait pris quelques longueurs d’avance dès 2001, profitant du 11 septembre pour « serrer la vis » sur Internet comme ailleurs, enchaînant en 2004 avec la LEN (« Loi de Confiance dans l’Économie Numérique »), malgré une forte contestation des internautes, milieux associatifs et militants.
Si quelques gros opérateurs de télécommunication ont gémi aussi, préoccupés par les coûts d’infrastructure que de telles contraintes allaient leur occasionner, ce sont les « petits » hébergeurs engagés, qui, soucieux de la liberté de leurs utilisateurs plus que de leurs deniers, se sont mobilisés sur le fond : la surveillance des réseaux de communication.
En tant qu’administrateurs systèmes, techniciens et techniciennes de l’Internet, nous tenons à dire haut et fort qu’il est hors de question de nous voir imposer un rôle d’auxiliaires de police, et que nous n’entendons pas collaborer à ces manœuvres de fichage et de destruction de la vie privée. Non, nous ne serons pas flics de l’Internet !
Que faire ?
Nous invitons tous ceux et toutes celles que liberté d’expression et de communication préoccupent à déserter les hébergeurs commerciaux, pour se rapprocher des structures indépendantes qui s’efforcent de construire un Internet de liberté depuis des années, non soumis aux logiques de profit, mais au besoin de communiquer, notamment ce qui ne trouve pas droit de cité dans les médias dominants. Un point de départ parmi d’autres : le RHIEN (Réseau des Hébergeurs Indépendants et Engagés – http://rhien.org/).
Plus encore, nous incitons celles et ceux qui le désirent, moyennant un peu de temps, de bonne volonté et d’apprentissage technique, à monter leur propre serveur, pour auto-héberger leurs e-mails, leur sites web, et ceux de leurs ami-e-s et affinités. Grâce à des logiciels libres comme Debian GNU/Linux (http://debian.org/), chaque connexion peut ainsi devenir maillon du réseau, et réaliser la vocation décentralisée d’Internet, ce qui ne peut que donner du fil à retordre à ceux qui voudraient le contrôler. Quand il ne suffit plus de couper un seul câble pour faire taire, mais des centaines ou des milliers... Reste à parler de ces enjeux, à s’emparer de ces questions, auxquelles chaque internaute se doit d’être sensibilisé ! Et, dans tous les cas, à résister, en développant des solidarités nous permettant de faire front !
11 octobre 2008, des administrateurs en colère et internautes énervés
En complément de lecture, vous pourrez lire l’article très intéressant de Globenet : Le Tombeau de la Liberté.
Par ailleurs, dans le cadre de cette même journée d’action « Freedom not Fear », le texte suivant, assez similaire à celui diffusé hier, a également été signé par de nombreux opérateurs de services internet :
En tant qu’hébergeurs, la rétention des données de connexion nous est imposée par la directive 2006/24/EC de l’Union Européenne. Nous voulons sa suppression, car celle-ci instaure la surveillance préventive de toutes les communications électroniques : e-mail, appels téléphoniques et autres échanges numériques.
Imaginez que les services postaux gardent trace de toute personne vous envoyant du courrier : quand, qui, comment, où. C’est exactement ce qui est en train de se passer sur l’Internet, en ce moment même.
En tant qu’hébergeurs, nous sommes légalement contraints de stocker ces données liées à VOS ommunications. Cependant, il est hors de question que nous nous transformions en auxiliaires de police. Nous entendons faire tout ce qui est en notre possible pour ne pas contribuer à cette attaque contre la vie privée, et encourageons tout le monde à jeter du sable dans cet engrenage !
Nous continuerons de nous battre contre la rétention de données de quelque manière que ce soit, et soutiendrons celles et ceux s’efforçant de faire de même.
Signataires de ce texte :
aktivix.org
all2all.be
alterezo.be
blacksec.org
blogxpopuli.org
boum.org
cassiopea.org
domainepublic.net
effraie.org
espace4you.org
free.de
globenet.org
hacklab.dk
herbesfolles.org
immerda.ch
lautre.net
moviments.net
mutins.net
nadir.org
no-log.org
nodo50.org
open-web.fr
poivron.org
puscii.nl
rezo.net
riseup.net
samizdat.net
so36.net
squat.net
systemausfall.org
systemli.org
tachanka.org
