Samedi 22 novembre 2008
publié le 25 novembre 2008
Il n’en demeure pas moins qu’on sentait de la détermination dans l’air et de l’assurance dans la lutte. C’était évidemment des postier-e-s, les habituels professionnels du militantisme (cadres syndicaux, partis politiques divers, etc.), quelques étudiant-e-s, ainsi que des citoyen-ne-s soucieux de la sauvegarde de ce symbole. La Poste comme dernier garant du lien social, notamment dans les contrées lointaines, serait ce petit agneau dont personne n’imaginerait s’attaquer. Bon, bien sûr comme dans chaque comte de fée, le méchant n’est pas loin. Il s’agit ici de l’état.
De quoi en est-il exactement ? La recette est la même et ça passe dans tous les cas, mais souvent ça casse aussi : privatisation d’un service public via l’ouverture de son capital aux investisseurs tiers. Logique de profit, normal capitaux privés, rentabilité à outrance. Suppression des postes non rentables. Concrètement : moins de bureaux de poste dans les bleds paumés, dégradation des services postaux. Mais aussi et en parallèle, le souci de maintenir un taux de profit en hausse conduit nécessairement à la suppression du plus gros poste budgétaire ; les coûts salariaux et donc suppression d’emplois. Vu que les comparaisons sont à la mode avec les autres pays européens, comparons ; la privatisation en Grande-Bretagne des transports publics ferrés a eu comme conséquences la dégradation des infrastructures et la diminution des dessertes. Ce qui pourrait donner pour le cas de la poste que, habitant un village éloigné d’un centre urbain, vous attendrez votre courrier plus longtemps, ou encore vous devrez vous déplacer pour le chercher.
En Côte d’Or, un comité de mobilisation a été crée et rassemble une quinzaine de diverses organisations. Ce comité met en avant deux revendications principales : 1- la nécessité d’un débat public sur la question du service public et le service postal. 2- l’organisation d’un référendum sur la question.
Outre le fait que la forme soit un premier aveu de faiblesse (la revendication comme premier signe d’échec), le fond même de celle-ci renseigne énormément sur l’état d’esprit dans lequel nous baignons actuellement ainsi que ses questionnements. Que faire ? Comment lutter ? Comment se faire entendre ? Quel est le sens de cette démocratie dont on nous a tant loué les bienfaits ?
Ces questionnements renvoient à notre incapacité à innover, à dépasser les cadres habituels de la lutte, à se contenter de l’indignation ou encore d’en être incapable. Ils nous renvoient aussi à comment pouvons nous nous battre contre une globalité, tout en s’assumant comme tel également ? Ou encore comment s’assumer comme globalité ? Comment dépasser ses luttes corporatistes parcellisées alors qu’en face la machine est bien huilée et homogène ? Comment faire le lien entre les différentes luttes actuelles ? Comment en extraire l’essence et en faire le point commun qui réunit le front de la fronde sociale ? Comment, comment... plein de questions qui trottent dans la tête de chacun-e (bien sûr chacun-e dans son coin) et qui demeurent pour le moment sans réponse ...
Bien sûr ce fut 300 personnes qui se sont réunies Place Grangier pour ensuite aller faire un tour en ville ensemble.
La Kahina