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Nouvelle expulsion d’une famille yézide ce matin en Côte d’or.

publié le 18 novembre 2009

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées ce matin à l’aube pour tenter d’enrayer l’intervention policière.

Il est 6h ce mercredi 18 novembre, l’heure où les milices de la république profitent de la nuit et du sommeil pour faire le sale boulot. A l’heure de grand débat sur l’"identité nationale", l’hypocrisie crasse du pays des droits de l’homme est bien inscrite dans le décor : on est devant l’hotel "Bon accueil", rue de la République, à Chevigny saint-sauveur, fief de l’ultra-conservateur Brenot. Une cinquantaine de personnes et quelques journalistes attendent dans la nuit parce qu’elles ont appris que la flicaille devait de nouveau venir chercher une famille de georgien yézides, hébergée à Dijon depuis quelques mois et demandeuse d’asile.

Les Yézides, sont une minorité en exil depuis leur répression par le gouvernement Turque puis par Staline pendant la première moitié du siècle dernier. Persécutés de partout, ils sont encore quelques milliers en Géorgie où ils subissent une stigmatisation ethnique extrêmement forte et sont harcelés par la police et une partie de la population. Le lundi 2 novembre à Dijon, la rafle organisée de 21 yézides avait déjà fait du bruit. Apparemment pas suffisamment. Malgré le soutien de la cimade qui les accompagnaient, la préfecture de Dijon avait refusé d’accepter d’étudier leur demande d’asile, en prétextant qu’elles étaient déjà passées par la Pologne où la police avait pris leurs empreintes. La convention de Dublin permet en effet à la police de chaque pays de l’UE de renvoyer des sans-papiers dans le premier "pays entrant" sans recours ni avocat. Une personne de la Cimade, avait fait part à l’époque du sentiment d’abandon exprimé par les Yézides malgré l’accompagnement. La police était intervenue par surprise, en regroupant les familles au commissariat de Chenôve pour les rediriger vers le centre de rétention de Nîmes, avant la reconduite à la frontière polonaise.

Cette fois encore, et malgré le rassemblement dans le noir, les "bons" gendarmes de campagne (et non pas la PAF [1]) finissent par débarquer avec 4 véhicules et leurs molosses. Le chef s’avance mielleux pour expliquer que vu que ce matin "il y a du monde", ils se sont dit qu’il ne viendraient à pas trop nombreux et feraient en sorte que ça se passe gentiment. Au moins le message est clair : quand on nous regarde on fait un peu gaffe, quand il n’y a personne, on les traite comme des chiens et c’est normal !

Certains jouent le jeu et disent qu’ils ne peuvent effectivement pas s’opposer à la procédure mais qu’ils sont "seulement" là pour vérifier que la famille sera expulsée dans de "bonnes conditions". Une bonne partie des personnes rassemblées se mettent néanmoins devant les portes et expriment leur mépris des lois scélérates et leur refus des expulsions, coûte que coûte. Les flics entrent en force et balancent les gens par terre, ça s’agrippe et ça s’insulte. Ils mettent un moment avant de se décider à ressortir de la même manière en faisant le forcing pour rentrer dans le fourgon le père, la mère et le gosse de deux ans, les deux gamins et leurs valises, direction le centre de rétention, puis la Pologne pour un temps indéterminé dans des zones de non-droits, puis un probable retour à la case départ.

Ça rend fou de le voir et pourtant ça arrive tous les jours partout en France à coup d’objectifs de 29 000 reconduites à la frontière par an, sauf si l’on est plus nombreux, déterminés, capable de stopper les flics et de réveiller les villes endormies et les bons citoyens qui ferment les yeux.

Liberté de circulation - Ni papiers ni frontières !

Notes

[1] police aux frontières



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