publié le 20 janvier 2008
La manifestation a débuté sous un soleil radieux vers 15 heures aux abords du centre de détention(1) de Lyon St Exupéry Satolas. Ce centre est le point central du dispositif d’expulsions industrielles mis en place par notre président, d’où partent sans cesse des avions ramenant des étrangers en situation irrégulière vers "leur pays d’origine", en aucun cas le pays avec lequel ils ont le plus d’attaches. Les conditions de détention dans ces centres sont des plus déplorables, et ce sont encore aggravées avec la systématisation des procédures. A quoi vont ressembler ces centres si la durée légale de détention est multipliée d’autant ? Par combien va-t-il falloir multiplier le nombre de suicides qui ont lieu chaque année dans ces centres ?
Il n’est de plus pas rare que les problèmes administratifs ou le maintien en détention comme "punitions" prolonge démesurément le temps de détention pour les étrangers. La durée légale avait pour but de mettre un terme à des situations insolubles, que vont devenir ces gens pendant 18 mois, si au bout d’un mois déjà leur situation ne leur permet ni de sortir ni d’être expulsés ? Comment dans ce cas ne pas comparer ces centres à des prisons pour étrangers, coupables de n’avoir pas de papiers, nés du mauvais côté de la frontière, ou simplement travailleurs quand le taux de chômage ne semble pas diminuer d’un pouce ?
Il est aussi nécessaire de se demander quelle est la finalité de ces centres, si ce n’est de donner aux autres pays une image déplorable de l’accueil réservé aux étrangers des nations européennes, un aspect de fermeture sur l’autre, de rejet de la différence ? En ce sens on est en droit de se demander l’utilité de ces centres, et même en droit d’exiger leur fermeture définitive !
Les deux mille personnes rassemblées cet après midi n’a pas pu approcher des détenus, la gendarmerie s’étant chargée de maintenir une distance plus que raisonnable entre eux et nous. La communication s’est donc faite par le biais de slogans, que nous n’avons interrompus que deux heures plus tard, quand les gardes mobiles se sont montrés plus qu’impatients de "cogner". Nous avons également vu de temps à autres des détenus faire des signes à l’aide de draps blancs depuis leur « cellule ». Nous n’avons pas encore d’informations précises sur les conditions qui ont étés imposées aux détenus le temps de notre manifestation, mais il semble qu’un feu se soit déclenché peu avant la dispersion de la manifestation à l’intérieur du centre.
Le RUSF 21 et le RESF 21 continueront de demander la non-adoption de cette directive de la honte, ainsi que la fermeture définitive de ces centres qui n’ont pour autre but que de stigmatiser une catégorie défavorisée vivant en France, pour autre finalité que de diviser encore un peu plus les pauvres face à une réalité de plus en plus dure.
La mobilisation continue le samedi 2 février 2008 à partir de 14 H devant la préfecture pour une journée de manifestation nationale pour le combat des sans-papiers, pour la liberté de circulation !
Contact : Rusf21 _at_ hotmail.fr 06.85.62.28.18
(1) Il s’agit d’une définition stricte. Les camps nazis étaient des camps de concentration où étaient enfermes des individus que la police considérait, même en absence de conduite pénalement condamnable, dangereux pour la sécurité de l’Etat. Cette mesure préventive — définie « détention protectrice » — consistait à retirer tous les droits civils et politiques à certains citoyens... [aux errants]
RUSF21