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Lettre Ouverte à Monsieur le Président de la République Francaise

publié le 16 janvier 2009

Étymologiquement, l’euthanasie vient du mot « euthanos » signifiant « bonne mort ». Au sens moderne du terme, l’euthanasie est un acte qui consiste à provoquer ou hâter la mort d’une personne dans le but de mettre fin à ses souffrances.

6 janvier 2009
Monsieur Nicolas SARKOSY
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 r Fbg St Honoré
75008 PARIS

Monsieur le Président de la République française,

La situation de totale précarité et d’abandon dans laquelle je me trouve depuis plus de quinze mois m’oblige à vous écrire pour solliciter auprès de vous l’autorisation de permettre aux services médicaux de m’assister pour mettre fin à mes jours dans le respect de la dignité humaine qui devrait être la mienne.

Je suis en effet atteint depuis 1986 du syndrome de MALAN, maladie orpheline pour laquelle je suis le second cas avéré et reconnu.

Cette pathologie, que j’ai développé suite à une intervention médicale prescrite et nécessitée par un accident du travail, a entraîne de très graves conséquences sur mon état de santé, à un point tel que j’ai été reconnu victime d’un handicap incapacitant à 95 `% par la COTOREP.

Malgré la totale dépendance entraînée par cette maladie et mon très grave handicap, la Commission des Droits et de l’Autonomie des personnes Handicapées de la Côte d’Or, a supprimé unilatéralement en Octobre 2007 les aides dont je bénéficiais autre titre de la compensation de mon handicap.

Mon état de santé ne me permettant pas d’assurer un emploi, je suis depuis 15 mois sans ressources, seul dans un appartement non adapté à mon handicap, délaissé et honni par ceux là même dont la mission de service public devrait être de me protéger.

Mon médecin a, depuis mon abandon par la collectivité, constaté une forte aggravation de mon état de santé, conséquence directe de cette situation d’abandon et d’une absence de soins appropriés faute de pouvoir en assurer le financement.

Ne voulant pas continuer cette lente descente aux enfers dont l’inexorable aboutissement sera mon agonie dans l’abandon et la déchéance, rongé par la maladie et l’isolement, j’ai souhaité vous faire part de mon intention de mettre à mes jours dans des conditions minimales de dignité et médicalement assisté.

Je vous supplie d’accéder à ma demande pour me permettre de partir réconcilier avec la vie et la République.

Certain que votre Humanisme et votre compassion sauront se substituer dignement à la maltraitance et aux manquements criminels que les services de la Maison Départementale du handicap de la Côte d’Or me fait subir sadiquement depuis plus de 15 mois en profitant de mon extrême faiblesse pour s’exonérer de ses obligations et du respect de mes droits créances constitutionnels, j’espère que vous accéderez rapidement à ma demande, et vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République Française, l’expression de ma confiance désespérée en vous pour faire respecter l’esprit de notre Constitution et me permettre de finir mon existence dans des conditions minimales de dignité humaine.

Alain COCQ
0371196056
alain.cocq@numericable.com

Alain COCQ

P.-S.

L’équipe Brassicanigra a souhaité rajouter le texte qui suit pour placer la lettre de Alain Coq dans un contexte plus large

Étymologiquement, l’euthanasie vient du mot « euthanos » signifiant « bonne mort ». Au sens moderne du terme, l’euthanasie est un acte qui consiste à provoquer ou hâter la mort d’une personne dans le but de mettre fin à ses souffrances.

Il existe une distinction entre l’euthanasie active et l’euthanasie passive. Dans le premier cas, elle suppose le geste d’un tiers qui donne la mort, alors que l’euthanasie passive consiste à arrêter les traitements qui prolongent la vie par des techniques artificielles ; on laisse ainsi la maladie suivre son cours.

Selon certains juristes, le terme « euthanasie passive » est impropre car il ne s’agit pas d’euthanasie mais du droit de tout individu d’arrêter ou de refuser les soins. C’est pour cette raison que l’euthanasie passive est admise par la plupart des pays. En revanche, l’euthanasie active soulève des débats passionnés.

Quant à la question : « Y-a-t-il un droit de mourir dans la dignité ? », la dignité est une notion très subjective et elle est influencée par le regard des autres et les valeurs que prône la société actuelle. " La dignité passe par le regard des autres : si une personne se sent respectée par les autres et ce, malgré la maladie et la déchéance physique, elle conservera sa dignité. Dans la société actuelle, une personne se sent digne seulement si elle est en bonne santé, mince, belle et intelligente, mais plus elle s’écarte de cette image, plus elle se sent diminuée".*

Pour certaines personnes le plus important est de tenir compte de l’intérêt de la personne et de ce qu’elle peut ressentir : " Mourir, ce n’est pas seulement un corps qui meurt mais une personne qui termine sa vie. C’est important de l’aider à mourir comme elle le veut, comme elle a vécu. Nous avons tous des grands-parents ou des amis qui nous ont montré comment vivre et qui voudraient nous montrer comment mourir de façon digne et responsable, lorsqu’ils sont en fin de vie. L’important est parfois d’aider un corps à mourir pour que la personne reste vivante plutôt que de tuer la personne en laissant son corps agoniser plus longtemps ".*

* propos recueuillis sur des forums



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