publié le 25 novembre 2008
Devant les constats écologiques alarmants, il est urgent de repenser toute l’organisation des transports. La voiture particulière coûte très cher économiquement et écologiquement.
Entre 1970 et 2006, les émissions de gaz à effets de serre ont augmenté de 70 %, celles dues au transport de 120%.
Aujourd’hui en France, 8 français sur 10 ont une voiture. Ils y consacrent environ 20 % de leur budget.
Les véhicules particuliers sont responsables de 65 % des émissions de CO2 dues aux déplacements urbains et périurbains, les véhicules utilitaires de 30 %, les transports en commun de 3 % et les deux-roues de 2 %.
80% des français utilisent systématiquement leur voiture pour faire des trajets inférieurs à 100 kilomètres, 67% des français utilisent leur voiture pour faire des trajets inférieurs à 2 kilomètres.
L’heure est au développement de modes de circulation douce incluant le rail, le bus, le vélo, les piétons.
Pour Besançon, ville verte, ayant eu pendant longtemps quelques distinctions en matière de qualité des transports urbains et de politique écologique, il est grand temps de penser à une nouvelle étape :
Instaurer la gratuité des transports serait une mesure forte de nature à modifier les habitudes de déplacements des bisontins et les bénéfices seraient immédiats pour tous :
Désengorger de la ville
Diminuer nettement les embouteillages, accidents et pollutions
Libérer les espaces de la ville pour permettre les déplacements en mode doux
Cesser de culpabiliser les usagers fraudeurs pour qui le prix du ticket est trop important
Offrir une plus grande mobilité à tous les bisontins, quelles que soient leurs ressources
Depuis plusieurs années, la gratuité de transports publics est devenue une réalité dans plusieurs villes. Par exemple Seattle aux Etats-Unis (580 000 habitants), Hasselt en Belgique (70 000 habitants) ou Châteauroux et Compiègne en France (respectivement 73 000 et 42 000 habitants). La question du financement a été réglée assez rapidement dans le sens où la billeterie ne représente que 30 % des recettes, le reste provenant des subventions de la commune et de l’état. Si on supprime contrôleurs et appareils de contrôle, la note s’allège déjà. Pour le reste, il est facile d’imaginer une sur-taxe pour les véhicules les plus polluants ou une contribution plus importante des entreprises pour le transport de leurs salariés…
Par ailleurs, le réseau de transport bisontin est actuellement assuré par Kéolis, groupe privé bénéficiant d’une délégation de service public. Ce groupe a annoncé l’an dernier un bénéfice de 250 000 euros sur l’ensemble de l’agglomération. Si bénéfice il y a, il semble tout à fait imaginable de l’investir dans une politique de transport gratuit pour tous en ramenant Ginko dans le giron public. La mairie tirant grande fierté de ne pas avoir cédé aux sirènes de la privatisation dans le domaine de l’eau, pourrait appliquer ce même principe à sa politique de transports urbains.
Les transports en communs tout comme l’éducation, la santé, la culture, la gestion de l’eau, tous ces services sont indispensables à toute société humaine. C’est ainsi que se définit un service public, pas de course aux profits, de bénéfices pour quelques-uns mais une gestion commune pour une jouissance collective.
collectif.transport@laposte.net
pour le collectif, s le pennuisic, secrétaire