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Numéro 18
En cette douce fin d’année, la chasse aux sans-papiers se déchaîne. Pour respecter les objectifs hystériques de la
“politique du chiffre”, la police et la gendarmerie arrêtent à tour de bras, et enferment dans les centres de rétention
des victimes de la chasse au faciès – souvent en dépit de toute légalité, et en faisant fi toujours du sens humain
le plus élémentaire. Trop c’est trop.
À Roissy, à Vincennes, et ailleurs, le mouvement de révolte des sans-papiers se
répend comme une traînée de poudre. Tout aura commencé lorsque Abou N’Dianor, un professeur de mathématiques
sénégalais de la région d’Orléans, se retrouvant au Mesnil-Amelot, menacé d’expulsion immédiate en dépit de
son évidente “utilité sociale”, aura regardé ses compagnons d’infortune et compris qu’ils étaient tous victimes,
comme lui, d’une mécanique délirante et cruelle.
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Grève de la faim au Mesnil-Amelot
Depuis bientôt une semaine, la révolte gronde parmi les 120 détenus de la prison administrative pour étrangers du Mesnil-Amelot (CRA) située pratiquement sur les pistes l’aéroport de Roissy. Ils protestent contre les conditions de leur détention mais aussi et surtout contre le sort fait aux sans-papiers dans ce pays et la véritable chasse à l’homme dont ils sont l’objet.
En effet, soumis à la pression de la politique du chiffre à tout prix, les Préfectures et les services de police recourent à tous les (...)
LA RÉVOLTE A COMMENCÉ !
Le 15 décembre une révolte a commencé au centre de rétention du Mesnil-Amelot : cahiers de doléances, revendications écrites sur les vêtements, refus d’entrer dans les chambres, grève de la faim…
Elle s’est étendue au centre de rétention de Vincennes où de nombreux sans-papiers ont rejoint la grève de la faim et refusé de rentrer dans leurs chambres.
La répression n’a pas tardé. Cent-cinquante CRS sont entrés dans le centre de rétention pour les réprimer. On compte trois blessés parmi les grévistes. La police (...)
Trop c’est trop !
En cette douce fin d’année, la chasse aux sans-papiers se déchaîne. Pour respecter les objectifs hystériques de la “politique du chiffre”, la police et la gendarmerie arrêtent à tour de bras, et enferment dans les centres de rétention des victimes de la chasse au faciès – souvent en dépit de toute légalité, et en faisant fi toujours du sens humain le plus élémentaire. Trop c’est trop.
À Roissy, à Vincennes, et ailleurs, le mouvement de révolte des sans-papiers se répend comme une traînée de poudre. Tout aura (...)
Une grève de la faim démarre au centre de rétention de Vincennes
Abou s’est mis en grève de la faim pour dénoncer les méthodes indignes, du gouvernement français :
• Le détournement de l’objet de la convocation par les flics ( ou préfectures), reste une flagrance. Abou a été arrêté alors qu’il se rendait à une convocation au commissariat d’Orléans.
• Comme aux pires heures de notre histoire : on dénonce, on vient au domicile au petit matin, on rafle, on convoque pour arrêter sur listes de la préfecture, on va chercher les enfants dans les écoles, on liste et inculpe les (...)
URGENCE APPEL AU SECOURS !
Ce jeudi 27 décembre, Nous, Sans-papiers du Mesnil-Amelot, nous déclarons en grève de la faim.
Le chiffre de 25 000 expulsés devant être atteint pour le 1er janvier 2008, la police expulse tout le monde et n’importe qui !
Nous nous sommes fait arrêter pour certains lors de démarches au commissariat, pour d’autres lors de démarches administratives, pour beaucoup lors de rafles anti-immigrés. Nous refusons d’être traités comme des sous-hommes et appelons l’ensemble des gens qui pensent encore que nous (...)
APPEL DU 9ÈME
À l’occasion de l’occupation de l’église Saint-Joseph des Nations, le 9ème collectif aura diffusé la déclaration suivante.
Nous, sans-papiers, nous travaillons dans le bâtiment, les travaux publics, la restauration et l’hôtellerie ..., nous effectuons les travaux les plus pénibles et indispensables. Grâce à nous, les routes s’allongent, les maisons s’élèvent, les plats chauds sont sur la table, le linge est nettoyé...
Nous existons, mais les lois répressives qui se multiplient à des fins électoralistes nous (...)
Le 9ème collectif appelle à la libération des sans-papiers à Mesnil-Amelot et Vincennes
Le 9ème collectif s’inquiète par rapport à l’état de santé des grévistes de la soif et de la faim à Mesnil- Amelot et Vincennes.
Depuis quatre jours, les sans-papiers ont entamé une grève de la faim au centre de rétention de Vincennes.
Ils étaient trente-quatre jusqu’à aujourd’hui, dimanche, et sont désormais plus d’une cinquantaine, déterminés à lutter contre la politique du chiffre et des expulsions.
Samedi soir, ils ont été brutalisés et forcés de rentrer dans le centre par les CRS, après avoir été (...)
POUR ALLER AU CRA DE VINCENNES
En RER, descendre à Joinville, puis suivre panneaux hippodrome. Aller derrière l’hippodrome. Le CRA est devant le panneau EPPN.
En voiture : de la Porte Dorée, suivre panneau hippodrome, et, juste derrière suivre le panneau EPPP. Un rendez vous informel a été donné à partir de 15h dimanche, devant le CRA Vincennes.
Quelques dizaines de personnes se sont retrouvées confrontées à quelques centaines de CRS. Il y avait FR3 et BFM. L’avocate Brigitte Plaza s’est vue refuser l’entrer du CRA...
Lorsqu’elle (...)
Numéros de téléphone des centres de rétention
Il faut fermer les centres de rétention. Et pour y parvenir il n’y a pas d’autres solutions que l’insurrection des consciences. Dedans et dehors. Les prisonniers de l’État xénophobe doivent se révolter, à l’intérieur, et tous doivent leur porter secours, de l’extérieur, pour dire non à ce nouveau système concentrationnaire. Pour se coordonner entre eux et pour communiquer avec l’extérieur, il y a des cabines téléphoniques dans tous ces centres. Ci-dessous, une compilation des listes de numéros de ces (...)
ECHANGE AVEC UN RESPONSABLE DU « SERVICE CENTRE DE DÉTENTION » DE LA CIMADE
Les mouvements de révolte à l’intérieur de centre de rétention ne sont pas exceptionnels.
Le mouvement de Mesnil-Amelot est une protestation collective parmi toutes celles qui se produisent régulièrement.
Ce qui est frappant ici, c’est la force et la dignité du mouvement. Les révoltés ont réussi à communiquer avec l’extérieur et, hasard de l’agenda des médias, quelques journalistes se sont intéressés à l’affaire.
Ça, c’est nouveau. Pour briser ce mouvement, l’administration a choisi de disperser les leaders (...)
ENTRETIEN AVEC ABOU N’DIANOR, LEADER DU MOUVEMENT DE MESNIL-AMELOT, APRÈS SON TRANSFERT AU CRA DE VINCENNES
J’ai été arrêté suite à une convocation piège à la préfecture, puis amené au Centre de Mesnil-Amelot. En discutant avec mes compagnons de rétention, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul à avoir subi une arrestation injustifiée.
Nous avons vu jusqu’à quelle extrémité conduisait la politique du chiffre. Parmi nous il y avait des pères et des mères de familles qui, s’ils étaient expulsés, allaient être séparés de leur conjoint, de leurs enfants. Il y avait des personnes malades, d’autres qui ont passé treize (...)
Liberté pour Abou, la lutte continue pour les autres !
L’un des sans papiers en lutte de la prison pour étrangers du Mesnil- Amelot a été remis en liberté cet après-midi, pour les autres la galère continue.
Des papiers pour tous ou plus de papiers du tout !
Abou Nguénor a subi jeudi un transfert disciplinaire du centre du mesnil amelot vers le centre de Vincennes après avoir participé avec d’autres sans papiers à un mouvement de grève de la faim.
Abou est libre ce soir mais pour les autres l’enfermement continue.
Au mesnil-Amelot, cinq sans-papiers ayant (...)
Abou Ndianor au 35 bis
Abou Ndianor le prof de math sénégalais, depuis quinze jours en rétention, qui avait entamé une grève de la faim au CRA du Mesnil-Amelot puis déplacé à Vincennes où une autre grève de la faim démarre, a été libéré samedi soir.
Au 35 bis, son avocat, maître Braun, a plaidé brillamment quatre nullités de procédures.
Il y avait beaucoup de soutiens dans la salle !
Abou fera demain un communiqué, et remercie tous ceux qui étaient présents, associations, collectifs de sanspapiers, soutiens, et RESF qui a fait une (...)
Des étrangers d’un centre de rétention établissent un cahier de doléances
“Non à l’arbitraire”, “non à l’humiliation”, “la France : pays des droits de l’homme”, “l’immigration enrichit”…
Ces slogans ne sont pas brandis par des collectifs de soutien aux sanspapiers, mais par des sans-papiers eux-mêmes. Depuis le 20 décembre, les étrangers en rétention au Centre du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) arborent ces messages pour manifester leur désaccord face à des “conditions d’arrestation et de rétention indignes” qui “humilient les hommes” et “déchirent des familles entières”.
Cette action (...)
À Roissy, 150 demandeurs d’asile maintenus dans des conditions inhumaines
L’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) dénonce les conditions inhumaine dans lesquelles environ 150 demandeurs d’asile, principalement tchétchènes, sont maintenus, dans les salles de maintien des aérogares de l’aéroport de Roissy.
Du fait de la saturation du lieu d’hébergement dit hôtelier, Zapi 3, ils passent jours et nuits dans les salles de transit des aérogares, dans des conditions d’hébergement qui ne sont pas conformes à la législation.
Obligation de se relayer (...)
Intervention policière au centre de rétention de Vincennes
L’agitation a été provoquée par des retenus qui refusaient de regagner leur chambre et ont renversé des poubelles.
Les forces de l’ordre sont intervenues dans la nuit de samedi 29 à dimanche 30 décembre au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) pour faire rentrer dans leurs chambres des étrangers protestant contre leurs conditions d’arrestation et de détention.
Selon un porte-parole des retenus d’un des deux centres de rétention administrative (CRA) de Vincennes, qui a requis l’anonymat, “la (...)
“Liberté, liberté !”
Rassemblement d’une cinquantaine de personne cet après midi et en début de soirée devant le CRA de Vincennes.
Nous avons récolté des témoignages par les familles qui vont visiter les emprisonnés sur les conditions de rafles entreprises par une France raciste et autoritaire. Nous vivons un État policier. De ça on peut en être sûr.
Un des retenus s’est fait arrêter à l’aéroport alors qu’il avait son billet d’avion pour rentrer au Mali de son plein gré.
La politique du chiffre a préféré l’embarquer pour le (...)
« Nous ne sommes pas des bêtes sauvages, ni des chiens ! »
Il y a à peu près un mois, un sans-papiers s’est évadé du centre de rétention de Vincennes. Depuis cet évènement, les policiers sont particulièrement énervés et virulents envers les « retenus ».
Par exemple, ils entrent dans les chambres pour faire des fouilles à n’importe quelle heure de la nuit, ils font entre 8 à 10 rondes par 24 heures, au lieu de trois habituellement. Suite à cette évasion, les policiers ont eu pour ordre de dénombrer, tous les soirs, les sanspapiers pour vérifier qu’aucun ne s’est (...)
Le fichier des sans-papiers est avancé
Pour les étrennes des sans-papiers Aliot-Marie et Hortefeux auront eu une délicate pensée : ne pas finir l’année sans lancer le super-fichier à l’aide duquel leur police pourra désormais mieux systématiser sa chasse à l’homme – et aux femmes et aux enfants.
Décret paru dimanche 30 décembre au Journal offciel. Ce décret porte sur la création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel relatives aux étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et modifiant la partie réglementaire du code (...)
Répression au centre de retention de Vincennes
À Vincennes, ce soir, la répression a été violente.
Une heure du matin. Un Algérien vient de me téléphoner.
En ce moment au CRA : treize flics sur un Malien le tabassaient, j’entendais effectivement tout. Je lui ai demandé d’appeler le 15, car le Malien aurait la jambe cassée, et visiblement les flics n’appeleront pas de médecins.
En ce moment, les retenus sont gazés, la grève de la faim continue, alors les coups pleuvent !
On entend les hurlements des flics et retenus… Les flics sont sortis car les (...)
Répression au centre de retention de Vincennes (suite)
0h35. Coup de téléphone d’un retenu. Ce soir même chose, les CRS chargent.
J’entends des hurlements au téléphone , des retenus sont toujours en grève de la faim. Il me dit qu’il y a des blessés : un Géorgien et un Tunisien.
J’entends les cris “vive la grève” repris en coeur par tous. Les flics obligent à rentrer dans leurs chambres, les cris redoublent. Ce soir, ils avaient décidé de dormir tous dehors dans la cour.
La lutte pour eux , continue, comme B. vient de me dire au téléphone, ici, “c’est contre (...)
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