publié le 19 février 2008
Samedi 1er mars place du Bareuzai à 15h.

Une réappropriation festive de la rue avec de la musique, des interventions, du théâtre.
Venez déguisé·e·s pour échapper à l’œil de Big Brother.
Manifestation à l’appel de : Attac, le Groupe Libertaire, la LCR, la Ligue des droits de l’homme, la CNT Equipement 21, le SCALP, Les Tanneries, Maloka, "Silence on tourne !".
Ville après ville, les caméras de surveillance se sont peu à peu immiscées dans de nombreux espaces de vie, de travail et de consommation.
À Dijon, depuis 2002, 200 caméras de vidéosurveillance ont été installées dans l’ensemble du réseau de bus Divia. Dans la logique de surenchère sécuritaire actuelle, c’est maintenant 20 caméras, reliées à un poste de contrôle où des agents de police pourront surveiller nos faits et gestes 24h sur 24, qui vont apparaître dans les rues du centre-ville. Ce projet a été voté dans l’urgence par le conseil municipal de novembre, sans consultation ou approbation des principaux intéressés : nous autres habitant·e·s, prévenu·e·s une fois que tout est déjà acté.
Pourtant, il existe de nombreuses raisons de s’y opposer et de refuser la vidéosurveillance :
C’est une atteinte aux libertés individuelles et publiques, où chaque individu doit intégrer le sentiment d’être surveillé en permanence ;
Dans la lignée de la biométrie dans les écoles ou du fichage ADN, c’est un outil technologique supplémentaire de contrôle social (surveillance des individus) et politique (contrôle des manifestations, fichage des militants...) ;
C’est une mesure à replacer dans une logique d’urbanisme qui vise à aseptiser la cité en refoulant les « indésirables » du centre ville ;
Elle joue d’abord sur le « sentiment d’insécurité » et l’exploite à des fins électoralistes ;
Elle s’attaque aux conséquences et non aux causes des inégalités et discriminations ;
Ce marché du sécuritaire se développe sous la pression d’un lobby industriel qui y voit la source de nouveaux profits ; les 540 000 euros dépensés pour ce projet (uniquement pour l’installation du dispositif) pourraient être mieux utilisés : santé, environnement, social... ;
Dans toutes les villes où elle a commencé à s’implanter, elle s’est rapidement étendue aux différents quartiers, laissant de moins en moins de zones libres de l’œil de « Big Brother ».
La création d’un comité d’éthique qui ne peut en rien remettre en cause le projet sur le fond, ni son fonctionnement, ne sert qu’à donner une façade « démocratique » à un coup de force politique et à faire taire les protestations.

Le tract du collectif :
Une prise de position de différentes associations et organisations dijonnaises, et de commerces du centre ville :
Le lundi 25 février à 20 h au cinéma Eldorado.
"La Raison du plus fort" (Patric Jean - 2004 - 1h26) expose la logique actuelle de renforcement du contrôle des pauvres et des exclus, en filmant dans différentes villes de France et de Belgique les lieux, processus et systèmes qui y participent.
La discussion qui suit la projection se propose de s’attarder un peu sur un de ces dispositifs, la vidéosurveillance, en le replaçant dans le contexte général esquissé par le film, et en évoquant des pistes de réponses à y apporter.
Collectif « Silence, on tourne ! »