publié le 10 février 2009
En mettant les pieds à la fac lundi, une ambiance étrange règne... Si on suit ce qui se passe un peu partout par rapport à la mobilisation étudiante, les facs étaient censées s’arrêter à partir du lundi 2 février...
Mais à Dijon, la grève ne commence que le 3, une obscure élection de je-ne-sais-quel-délégué-encore étant plus importante.... Enfin, pas pour tout le monde, certain-ne-s étudiant-e-s, qui ne veulent pas attendre l’autorisation de ch’ai-pas-qui pour s’organiser, décident d’occuper une salle afin d’avoir un lieu pour se rencontrer, discuter,... Une table de presse est installée, la salle commence à vivre....
Le lendemain, l’unef et certain-ne-s prof’ ayant rejoint le comité de mobilisation appellent à une assemblée générale à l’amphi Platon... Cette AG, commence encore une fois par une explication des lois, puis les revendications sont votées de façon très procédurière (à la limite de la caricature : il faut que les décisions soient prises "démocratiquement" pour être légitimes...), ainsi que l’occupation de l’amphi Roupnel. Bien sur, cette mascarade s’est déroulée sous l’œil attentif de deux flics en civils....
Mais l’administration n’as pas l’air d’accord avec ce choix, et envoie ses sbires fermer cet amphi à clef... Les étudiant-e-s sortent de l’AG, se regroupent devant... Pendant qu’un petit groupe restent "patiemment" devant, des gens commencent à s’énerver, parlent de crocheter la porte ou la défoncer, au choix... A ce moment là, l’administration paraît contente de trouver en l’unef des personnes avec qui négocier et d’accord de fermer la salle prise non "légitimement" la veille... Une fois cela fait, les sbires reçoivent l’ordre d’ouvrir, les étudiant-e-s entrent et des commissions se mettent en place, comme l’entendent, encore une fois, les syndiqué-e-s... "Commission tract a ma droite, action en face, com à gauche"... Des gens arrivent dans l’amphi, n’ont pas l’air de comprendre ce qui se passe, d’autres parlent de ce qu’illes veulent vraiment aborder : comment on s’assure de pouvoir garder l’amphi demain, comment on organise ce lieu, qu’est-ce qu’on en fait ? Mais au lieu de résoudre ces questions importantes, les syndiqué-e-s lancent les commissions. Des gens ne se sentent pas à leur place et du coup s’en vont. A 18h, le point info commence... [A partir de ce jours, il y en aura un chaque soir à 18h].
Il débute par une discussion sur l’utilité de la tribune... Est-ce qu’on a vraiment besoin de quelqu’un-e pour distribuer la parole, de quelqu’un-e qui fait des speech de présentation toujours identiques... Tout le monde n’est pas d’accord, on part sur le fait de tenter cette réu sans tribune mais c’était sans compter sur nos cher-e-s unefien-ne-s qui au lieu de se mettre à la tribune, se posent en-dessous, faisant face à tout-e-s les autres étudiant-e-s. On parle de comment toucher les étudiant-e-s, de qui peut differ quoi, d’un barrage filtrant le lendemain matin... Certain-ne-s abordent l’occupation de nuit de l’amphi, un débat commence. D’un coté les syndiqué-e-s qui ne veulent pas d’occupation de nuit, reprennent la parole après chaque intervention pour démonter les arguments favorables à cette occup’ : on est pas là pour faire chier le personnel de la fac, c’est pas encore le moment, on dors mal, on a des sales gueules le lendemain, s’est dur de dormir (vivre ?) avec des gens que l’on ne connaît pas, et l’éternel on est pas là pour faire des expériences de vie en collectivité mais pour militer. Il vrai, que pour la plupart des étudiant-e-s, vivre et lutter ne peut être lié, on s’organise contre cette réforme, mais il faut rentrer sagement continuer "sa vie" le soir... Face à ce noyautage, le débat a été empéché et les gens rentrent sagement chez elleux (Se poser devant la télé ?) pour être frais-ches (les dents lavées ?) et dispo le lendemain matin....
Mercredi, lendemain de cette "grosse AG" qui a même eut le droit à une "tribune médiatique" (France 3, le Bien public...) et qui devait montrer le début de la mobilisation, la fac n’est pas si différente que les autres jours.... Quelques affiches informent que l’amphi roupnel est occupé, mais la fac ne s’est pas arrêtée comme illes l’espéraient... Des cours continuent, des étudiant-e-s s’enferment en BU ou BS pour bosser sur leur cours qu’illes n’ont pas, et les profs grévistes sont invisibles... En fait, si t’es pas au courant que la fac est en grève, tu ne le remarquerais même pas, tu croirais que c’est un jour "presque" comme les autres, avec juste un peu plus de prof absent-e-s...
Mais au fils des couloirs, ton regard peut être attiré par une petite affiche du comité de mobilisation annonçant une conférence sur le devoir de résistance aujourd’hui... Chouette initiative qui devrait se renouveler régulièrement dans cet amphi occupé...
Et à la fin cette conf’, des postiers arrivent, ils ont appris ce qui se passent à la fac, viennent nous parler de leur lutte (illes sont en lutte depuis plus de 10 jours) et veulent savoir s’illes peuvent se joindre à la manif’ de demain...
Le lendemain, rythme de fac ou plutôt de ses bureaucrates en lutte, AG étudiante puis AG "plénière" et départ en manif’ de la fac encadré par des motards... Les postier-e-s attendent le cortège devant la mairie, sous surveillance policière aussi... Un millier de personne présente à cette manif’ qui, en soutien aux postier-e-s énèrvé-e fait la tour de la poste place Grangier. A ce moment, une tentative d’occupation de la direction de celle-ci a été tentée mais les syndiqué-e-s, déjà perturbé-e-s d’avoir dérogé au parcours déposé, préfèrent suivre gentiment les flics et continuer à marcher pacifiquement. La manif’ arrive devant le conseil général grand ouvert et les étudiant-e-s au lieu de l’envahir afin d’avoir le train gratuit pour manifester à Paname mardi prochain, font un sit-in devant et envoient une délégation qui n’obtient qu’une maigre réduction... La manif’ repart et passe devant la pref’, quelques slogans sur les étudiant-e-s sans papiers sont lancés (pas forcément repris), elle finit place de la Lib’, les postier-e-s partent, les prof’ aussi, des étudiant-e-s se dispersent alors que d’autres préfèrent rester là à parler de ce qui aurait était possible, de l’utilité de faire une simple manif’...
Puis tranquillement, illes remontent vers la fac pour le point info, où l’unef se félicitent de cette réussite (yaouh mille personnes défilant sagement dans la rue, ça met trop la pression au gouvernement) et un débat est lancé sur le départ en train pour la manif’ de mardi : partisan-e-s de l’autoréduc d’un coté et celleux qui sont pour payer 15 euros de l’autre...
Les gens, comme chaque soir, rentrent ensuite sagement chez elleux afin de se retrouver le lendemain matin avec les prof’ pour un "envahissement" de la commission pédagogique qui doit aborder le problème du remontage des maquettes (maquettes des nouveau masters liés au projet de masterisation)... Mais peu de monde, commission ouverte au public (qui bien sûr, ne doit pas prendre par au vote, mais peu s’exprimer...), par contre la majorité des membres de cette commission étant contre la masterisation, la décision a été prise de ne pas faire remonter les maquettes.
Le midi, les étudiante-s rejoignent les postier-e-s sur leur piquet de grève afin de partager un sandwich avec elleux et de les soutenir...
Puis de retour à la fac, rien de neuf, quelques étudiant-e-s zonent dans l’amphi occupé alors que pendant, sans que personne ne soit au courant, notre chére présidente de l’UB donne un interview à France 3 en expliquant que soit-disant elle nous "soutient". S’en suit un point info sans succès, que même nos cher-e-s syndiqué-e-s ont déserté (week-end oblige, il faut vivre.)
Suite à une décision de la dernière AG, dimanche soir, rendez vous fixé à 18h pour le péage gratuit. Le co-voiturage est bien organisé, une dizaine de voitures bondées se dirigent vers l’autoroute. Prof’ et étudiant-e-s réuni-e-s, souvent affublé-e-s d’un gilet jaune, commencent l’opération. Les barrières sont levées, les alarmes sonnent, les conducteur-trice-s bien réceptif-ve-s repartent sans passer par la caisse avec un tract sur les réformes de l’université. La caissière note les plaques d’immatriculations, rapidement la gendarmerie arrive, on se retire du péage. Quelques un-e-s restent pour discuter avec eux, finalement : autorisation de rester jusqu’à la tombée de la nuit. Ils restent pour "assurer notre sécurité"… Sous condition que nous prenions les tickets et les redonnions au guichet en partant. Finalement c’est les tracts qui manquent et qui font stopper l’action (ça tombe bien il fait nuit). Les gens ont été généreu-se-x, nombreu-se-x sont celleux qui ont dis « nous soutenir à fond ». L’argent servira pour le départ à la manif de Paname. Ce fut une première action réussie, tout le monde repart avec enthousiasme et motivé pour les prochaines ( ?).
Mais, malgré ces tentatives de faire quelque chose, de se battre contre toutes ces réformes, la motivation n’est pas à son comble... Elle a du mal à prendre, en tout cas à Dijon... Ce qui n’est pas le cas partout : à Nantes par exemple, la fac de lettre est bloquée pour donner naissance à une université populaire, et dans pleins d’autres villes, des amphi sont
occupés, des manif’ organisées...
Peut-être que les différentes actions prévues vont motiver les gens (atelier pratique et échange d’expérience par rapport à la répression lundi midi, manif’ à paname mardi, nouvelle AG mercredi...),
les 14 et 15 fevrier à Grenoble
L’Appel de Grenoble à la coordination étudiante
Les universités de Grenoble, réunies en de nombreuses AG, appellent à une coordination de toutes les universités de France. En effet, la mobilisation du 29 Janvier a littéralement débordé : jamais, depuis vingt ans, autant de travailleurs et travailleuses ne s’étaient mis en grève. Les cortèges, rassemblant deux millions et demi de personnes dans tout le pays, rappellent les temps forts des grands mouvements sociaux qui nous ont précédés. La force liée au mal-être généralisé qui s’en est dégagée nous semble capable de contrer le pouvoir en place, seulement si nous réussissons à continuer efficacement la lutte via une organisation infaillible qu’il nous appartient de mettre en place. Ainsi, les revendications suivantes ont été votées pendant les AG organisées sur le campus grenoblois :
Abandon de la LRU et de la masterisation des formations de l’enseignement, et donc de la réforme du statut d’enseignant-chercheur ( découlant du processus de Bologne )
Abandon des suppressions de postes dans l’éducation nationale ( estimée à 25000 )
Création d’une université libre, gratuite et ouverte à tous
Fin de la présence policière et des agents de sécurité sur le campus
Régularisation des sans-papiers : « une carte étudiante = une carte de séjour »
Fin des juridictions antiterroristes ( et donc des fréquents abus d’autorité liés à celles-ci )
Abandon de la directive des Accords Généraux sur le Commerce et les Services ( AGCS )
Appel aux forces de l’ordre de faire usage de leur droit de retrait
Demission du gouvernement et dissolution de l’Assemblée Nationale
Et bien sur : la convergence des luttes
Cette plateforme de revendication doit, selon nous, être la base d’une coordination nationale entre les étudiants ( coordination qui devra par la suite s’ouvrir aux autres luttes sociales du peuple ). Cette liste est bien évidemment non exhaustive et reste ouverte aux revendication des autres universités. Face aux menaces, nous appelons à une coordiantion construite et réfléchie entre les étudiants du territoire pour construire ensemble la structure et la suite du mouvement, et à voter en AG cette base revendicative. UNE université en lutte ( AG, comité de mobilisation ) = UNE voix Chaque mandat équivaut à une université dans le but de mettre en place des moyens d’action valides et efficaces. La réunion se tiendra le 14 et 15 Février à Grenoble ( ou ailleurs ).
Envoyez votre réponse à : coordination-etudiante38 Cje live.fr
Le comité de mobilisation des universités de Grenoble