ou comment "lobotomiser" les enfants en flics !
publié le 16 septembre 2008
Ce sont désormais des élèves âgé-e-s de 9 à 11 ans qui ont reçu leur diplôme de médiatrice/médiateurs scolaire, après un an de formation avec l’association "Génération Médiateur".
Voilà le formatage dès le primaire pour fabriquer des policier⋅e⋅s en puissance, et un climat "sécuritaire" puisque tout le monde surveille tout le monde. Un climat de peur perpétuelle et l’impression d’être surveillé en permanence pour faire disparaître toute velléité de désobéissance !
On appréhende l’enfance comme catégorie sociale résultant d’un processus de classification : l’enfant est « un membre d’une catégorie sociale, soumis à un statut qui, dans une société donnée, détermine les caractéristiques de sa condition d’enfant » [1].
Il semble que, dans les représentations courantes, les rapports entre adultes et enfants sont liés à la question de l’autorité, l’« autorité parentale » étant consacrée par le droit, celle des enseignant-e-s perçue comme attribut nécessaire. Depuis l’autorité paternelle de la Rome antique octroyant au père le droit de vie et de mort sur ses enfants, cette notion semble avoir beaucoup évolué jusqu’à parler aujourd’hui d’« autorité démocratique ». La notion apparaît également fréquemment comme problématique, puisque les médias traitent régulièrement de « crise de l’autorité ». « L’adulte est a priori dans une situation de dominant face à l’enfant, du fait de leurs statuts respectifs » [2].
Ce diplôme va donner une forme d’autorité à certain⋅e⋅s enfants et pas aux autres alors plutôt qu’une forme d’autogestion j’ai peur de voir ici le moyen de renforcer les catégorisations sociales.
L’enfant n’est donc jamais qu’un adulte en devenir, et un adulte est une catégorie social qui détient de l’autorité sur les enfants, alors donner de l’autorité à un⋅e enfants sur les autres, sous prétexte qu’elle/il remplit plus de conditions que les autres pour être adulte, n’est-ce pas leur imposer qu’elles/ils n’ont pas d’autres existences possibles, aucune possibilité d’être des êtres autonomes, à part entière ? C’est nier la capacité des enfants à régler elles/eux-mêmes leurs problèmes puisque c’est l’Institution, ou du moins sa représentation, qui va être chargé de régler le problème. Ce n’est plus l’enfant elle/lui-même qui parle mais "l’uniforme", le public, la/le représentant⋅e de l’Etat !
On en connaît d’autres de ces êtres vivant qui abandonne leur "humanité" au profit de l’uniforme. Qui abandonne leurs volonté pour obéir aux ordres ! Et on sait où est-ce que ça mène ! Mais sans aller jusque là, ça donne déjà des flics.
Bref...