publié le 1er décembre 2009

« La France des années 2000, comme de nombreux pays, a vu se confirmer un modèle de contrôle censé protéger la population contre la prolifération, en son sein, de « nouvelles menaces » : islamisme, terrorisme, immigration clandestine, incivilités, violences urbaines… Et pour justifier cet arsenal sécuritaire, un principe s’est imposé : désigne l’« ennemi intérieur ».
Retraçant l’évolution des représentations de l’ennemi intérieur dans la pensée d’État depuis les années 60, il explique comment, des territoires colonisés d’hier aux quartiers populaires d’aujourd’hui, la Ve République a régénéré un modèle d’encadrement fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-ethnique. À travers l’étude minutieuse des étapes de la lutte antimigratoire et de la structuration de l’antiterrorisme, il révèle l’effrayante évolution du contrôle intérieur, de ses dimensions médiatiques et économiques, ainsi que la fonction de l’idéologie identitaire dans la mise en œuvre du nouvel ordre sécuritaire. »
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Au cours des six mois qui ont précédé l’incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008, les migrants « retenus » ont multiplié les actes de résistance, refusant de manger, d’être comptés, déchirant leurs cartes, brûlant leurs chambres, affrontant la police. Six mois de luttes collectives durant lesquels nous n’avons cessé de leur téléphoner et de recueillir le récit de leurs révoltes.
« Il faut penser la lutte autrement. Les gens et les flics se foutent de la grève de la faim. Ils se foutent des sans-papiers. Ils s’en foutent si on crève. Les gens bouffent des lames de rasoir tous les jours et l’on n’entend pas parler d’eux. Les petits trucs qu’on fait ne valent pas le coup. Il faut vraiment foutre le bordel pour leur mettre une vraie pression. Quand j’étais dehors, je travaillais. J’allais boire des verres après le travail. Je sortais avec mes amis. Je me foutais du reste. Quand j’ouvrais un journal, je ne m’intéressais qu’aux gros titres. Pour les gens, c’est pareil. Il faut que ça pète pour qu’ils s’intéressent à nous. »
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Quelques mots de présentation... "Face aux diverses expressions de révoltes, individuelles ou collectives, identifiées ou non comme « politiques », l’Etat intensifie ses moyens d’actions, sécuritaires et répressifs. Toute sortie du cadre constitué pour le/la citoyen-ne modèle peut exposer à se trouver confronté avec la police et la justice : soutenir des personnes sans-papiers, participer à une manif, lutter sur son lieu de travail, refuser de donner son ADN, refuser de subir l’arbitraire des contrôles de police, etc. Subir cette confrontation, c’est toujours une expérience difficile et éprouvante (conditions de détention en prison ou en garde-à-vue, impuissance et incompréhension face à l’appareil judiciaire , etc.), qui nécessite un soutien.
De ce point de vue , la question n’est pas de savoir si la répression s’abat sur des « coupables » ou des « innocent-e-s », mais de prendre acte que toute lutte politique s’y trouvera confrontée. S’organiser en conséquence devient donc une nécessité, d ’où le sens de la caisse de solidarité.
S’organiser, c’est d’abord ne laisser personne seul face aux institutions policières et judiciaires ; c’est participer à construire un rapport de force, notamment en rendant publiques les affaires. C’est aussi soutenir de façon concrète en apportant une aide financière (pour payer les frais de justices, cantiner en prison, etc.) et un appui juridique. Pour récolter des fonds, la caisse est ouverte aux souscriptions régulières ou ponctuelles, dans l’idée d ’avoir en permanence de l’argent disponible pour faire face aux différentes situations. Pour assurer la défense juridique, la caisse travaille avec des avocat-e-s qui acceptent l’aide juridictionnelle, qui laissent l’accès au dossier aux inculpé-e-s et qui élaborent leur ligne de défense avec eux/elles, sans utiliser d’arguments qui pourraient desservir d’autre s prévenu-e-s. La caisse est constituée en association loi 1901, mais son fonctionnement est horizontal et elle reste ouverte à toutes les bonnes volontés. La caisse couvre la zone géographique de Dijon et ses alentours. Cela dit, il existe d’autres initiatives similaires en France, et il est important de développer avec elles coordination et solidarité." [1] 61, rue Jeannin à dijon
Caisse solidarité 21, RUSF21