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Coup de gueule : Vente de fourrures au marché de Noel

publié le 30 novembre 2008

Le BVV de novembre 2008 spécifie qu’il y aura des ventes de fourrures au marché de Noel place de la Révolution à Besançon.

Vous savez peut-être que le magazine « BVV » de novembre 2008 a publié un article consacré aux festivités du marché de Noël de Besançon, qui auront lieu fin novembre place de la Révolution.

L’invité d’honneur cette année est le Québec.

Un « détail » choquant m’a sauté aux yeux à la lecture de cet article : la notification de ventes de fourrures d’animaux en plein marché de Noël, qui est censé représenter un moment à la fois convivial et familial.

Je ne comprends pas que la Mairie puisse autoriser la vente de fourrures et ainsi cautionner les méthodes d’arrachement de la peau, connues et reconnues par tous aujourd’hui.

Ce qui est également reconnu, c’est la capacité des animaux à ressentir des sentiments, dont la souffrance (John Stuart Mills et Jeremy Bentham, fondateur du mouvement utilitariste, estimaient que tout être capable de souffrance et de plaisir avait des intérêts. Le philosophe Peter Singer précise que la souffrance animale doit être prise en compte autant qu’une souffrance similaire, « pour autant que des comparaisons grossières soient possibles », de tout autre être et ce, quelle que soit la nature de l’être qui souffre). Notre connaissance de certaines capacités animales a également évolué au fil des années : Dans les années 60, pour la majorité des éthologues, l’animal est un automate biologique guidé par ses instincts, eux-mêmes programmés dans les gènes. Depuis, certaines études ont démontré que l’animal possède ce qu’on pourrait appeler « une culture » (les suricates, par exemple, peuvent transmettre l’enseignement de la chasse à leurs petits). Selon Michel de Pracontal, parler de cultures des animaux implique que l’animal a « non seulement une subjectivité, une capacité propre à ressentir et à « réfléchir », une forme de conscience ». Ainsi, il n’y aurait plus de raisons de considérer l’homme comme supérieur aux animaux : l’homme ne serait ni extérieur ni supérieur à la nature, il en ferait partie. Et si l’on considère que l’animal n’est pas au même rang que l’homme, il faut cependant prendre en considération l’ensemble du vivant.

Enfin, est également reconnue une évolution du domaine juridique envers les animaux, pour en arriver au XXIème siècle à parler d’un « droit » spécifique aux animaux (Dominique Perben, alors garde des sceaux, confiait en 2004 à Suzanne Antoine, présidente de la chambre honoraire à la Cour d’Appel de Paris et trésorière de la Ligue des droits de l’animal, une mission de réflexion sur le régime juridique de l’animal).

Donc Besançon, qui se targue d’être la ville « la plus verte de France », n’est pas l’amie des animaux.

Certes, elle organise ou accueille des manifestations canines (récemment à Malcombe) ou chevalines (à Chamars cet été), mais laisse sa SPA à l’abandon, ne donne sûrement aucune subvention aux associations d’aides aux animaux (tel « Au bonheur des chats libres ») et préfèrera son stade sportif. En outre, Besançon compte pas moins de 3 ou 4 enseignes de fourreurs rien que dans le centre-ville (Interpeau, Royal Furs, la Panthère) et Cuiropolis à Châteaufarine. Force est de constater, à tout hasard, que beaucoup de chats disparaissent dans les rues du centre-ville…

Alors je me demande : nos amis québécois, outre le castor et le ragondin, oseront-ils vendre aux petits enfants des chaussons en peau de bébés phoques ? Tous ont-ils pensé à la sensibilité de certains propriétaires d’animaux ? Je possède un lapin qui a la particularité de me lécher ma main afin de lier contact et me montrer son affection. Je n’ai pas envie de retrouver la peau de ses congénères en bonnets, gants ou écharpes.

C’est pourquoi je boycotterai cette année le marché de Noël traditionnel au profit du marché solidaire Square St-Amour.

N’est-il pas aberrant de remettre à la mode le commerce de peaux et de fourrures, aujourd’hui, à une époque où il y a d’autres moyens de s’habiller chaudement ? Il y a une quarantaine d’années, les gens n’avaient pas conscience de ce qui arrivaient exactement aux animaux : en 2008, nous n’avons plus d’excuses. C’est en connaissance de cause que les femmes portent de la peau morte, avec quelques relents de sang, sur leur dos.

Et à Besançon, le « BVV » n’avait-il pas consacré un article sur une association, formée de quelques étudiants, qui présente occasionnellement, place du 8 septembre, des tracts avec photos à l’appui, sur les tortures infligées aux animaux ? A l’époque le « BVV » saluait cette initiative…Je me demande ce que pense aujourd’hui ce groupe.

Enfin, il est tellement facile de se la jouer « écolo » ou « soucieux de l’environnement » en imposant des ampoules basse consommation pour les illuminations, et autoriser pour Noël la vente directe de fourrures (beaucoup d’espèces disparaissent progressivement à cause de leur braconnage, comme l’ocelot par exemple).

Et que dire à propos de la Citadelle de Besançon, qui accueille dans son parc zoologique des espèces en danger et qui participe au programme européen d’échanges et de sauvegardes des animaux menacés ?

Ah Besançon, ville pleine de paradoxes à la limite de la schizophrénie, à vouloir se chercher une identité et ne sachant pas choisir ses lobbies…

Je souhaiterais avoir votre avis sur la question, et savoir si des actions contre cette injustice et cette indifférence seront menées, par vous ou d’autres associations.

Meghann



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