publié le 7 octobre 2009
Cette initiative est terriblement géniale pour trois raisons.
La première, et la plus glorieuse, est de créer un espace à Dijon où le temps d’une soirée passée à danser sur des tubs des années 90, les gens se foutent du regard des autres et s’éclatent à n’en plus finir sur la piste.
Pour reconnaître le poids qu’implique une telle réussite dans la ville de Dijon, il faut avoir vécu dans le ventre de la bête et bouffé de l’autochtone pour comprendre qu’à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit (chez le boulanger comme à la banque, au marché ou dans la rue), le dijonnais moyen juge, joue, met en jeu et se construit sa place dans la hiérarchie sociale à grand coup de jean slim, ballerinettes à pois, cheveux freestyle, petit cuirs et sac à main en peau de chacals. Comme si l’unique préoccupation des Dijonnais était de « paraître ». Tout le monde y passe sans exception, de la minette de 12 ans à la femme de 55 balais, de l’ado imberbe au vieux de 60 berges.
Dijon, la ville où règne l’apparence, les faux-semblants, le royaume des bobo bien-pensant, celui des bourgeois biens-propres, des gens-beaux du centre ville et de la frustration pour les gens hors-mode.
C’est là la réussite des BOOMS BLABLA : prendre le contre-pied de cet état de fait Dijonnais. La BOOM, là où ça transpire, ça sent la vie, où l’on devient propre et beau une fois trempée de sueur, lavé de toutes ces conneries qui rendent la vie à Dijon si indigeste.
Le deuxième exploit consiste à se rapproprier le principe de faire danser les gens sur de la musique « pourrie », juste pour le plaisir de bouger son corps. Est-ce, en acte, une lutte des Tanneries pour défoncer le monopole des boîtes de nuit ? Quand tu viens danser sur Britney Spires ou Prodigy ces soirs de BOOM, tu as le choix de n’être ni un clubber, ni un beauf, ni une pouffiasse, ni un gros macho, ni un célibataire en manque, bref tu à la possibilité d’être ce que tu es, de venir avec ce que tu transportes dans ta tronche et tes poches, sans être forcé de rentrer dans le moule pour rentrer dans le son.
La troisième belle conséquence de ces soirées, c’est l’ouverture et le brassage qu’elles impliquent. On y croise toutes sortes de gens, de la bien fringuée à l’arrachée, du babos au skin antifasciste. C’est le moyen de réunir en une même soirée tous les types de personnes pour qui les Tanneries sont importantes. Chacun y trouve ce qui l’intéresse, selon ses envies, puisque personne n’impose rien.
Et c’est bien ça les forces des BOOMS BLABLA : taper un grand coup dans la gueule du faux-semblant bourgeois en dansant aux Tanneries jusqu’à pas d’heure.
Encore une fois, les Tanneries tapent au bon endroit.