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Appel de la CNT 21 pour la manif syndicale du 24 janvier

publié le 21 janvier 2008

Le 24 janvier, la fonction publique sera en grève.

A Dijon, l’appel est à 14h place de la Libération, 13h devant le rectorat pour l’éducation. Voir l’événement dans l’agenda de Brassicanigra, et notre tract mis en page.

Mobilisons-nous, le 24 janvier et au-delà

Nous sommes gouvernés par des arnaqueurs(1)

Des gens qui font passer de six mois à cinq ans leur durée d’indemnisation en cas de perte d’emploi (les députés), un monsieur qui augmente son salaire de 200% (le président) nous ont donné il y a peu une leçon d’équité : les cheminots bénéficient de régimes spéciaux en ce qui concerne les retraites et c’est trop injuste ! Il faut remettre tout ça à plat ! Et les cheminots devront faire 40 ans comme tout le monde. Ce fut leur tour après le privé en 93 et les autres fonctionnaires en 2003. Nos politiciens sont-ils satisfaits ?

Et bien non, à présent, le gouvernement envisage que la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein puisse augmenter à 41 ans en 2012 et 42 ans pour tous les salariés en 2020. Pourtant seuls 40% des plus de 50 ans travaillent, alors que signifient ces effets d’annonce ? Il s’agit juste de contraindre les travailleurs à souscrire à des complémentaires retraites. Peut-être les messieurs qui vous vendent ces produits financiers auront-ils par la suite un yacht à prêter ?

Nous sommes gouvernés par des arnaqueurs(2)

Et puis il y a toutes les autres attaques subies en ce moment :

Franchises médicales : après le déremboursement des médicaments depuis des années, nous devons payer un fixe pour chaque boîte de médoc et même pour chaque transport sanitaire. Il paraît que c’est pour responsabiliser les usagers trop dépensiers. C’est vrai que c’est tellement tentant de faire un petit tour en ambulance ...

Remise en cause du droit des travailleurs en CDI : le MEDEF fait tout pour que la précarité soit généralisée à tous sous l’oeil bienveillant du pouvoir et malheureusement de certains syndicats. Allongement de la durée de la période d’essai, possibilité de licenciement à l’amiable ...

Remise en cause de l’avancement pour les fonctionnaires : lors des dernières négociations sur les salaires dans le public, le ministre de la fonction publique a considéré que la majorité des fonctionnaires n’avaient pas perdu de pouvoir d’achat ces dernières années. Mais pour affirmer cela, il a intégré dans son calcul les augmentations liées à l’ancienneté. Le ministre juge donc normal que celles-ci soient absorbés par l’inflation ? Dans ce cas, cela signifie qu’il n’y a plus d’avancement pour les fonctionnaires !

Et encore : la privatisation des services publics, et la remise en cause de la durée légale du travail et du droit de grève à venir ...

Pour une repartition égalitaire des richesses !

Alors que certaines catégories de la population (bas salaires, chômeurs, précaires du public et du privé) ont difficilement accès au strict nécessaire, on encourage les autres à bosser plus pour palper plus pour consommer plus et tout ça pour faire tourner à fond la machine.

Nous ne revendiquons pas la redistribution des fruits de la croissance, elle profite bien plus aux grands patrons et aux gros actionnaires qu’à ceux qui en auraient besoin. La part des salaires dans le partage de la richesse nationale a perdu 12 points au cours des 30 dernières années, au profit du capital. Cela représente dix trous de la sécu, neuf déficits de l’assurance chômage, trois déficits des retraites... Bien au contraire, nous revendiquons l’arrêt de la croissance, il semble d’ailleurs qu’il y ait aujourd’hui quelques considérations écologiques qui nous donnent raison.

En parallèle, nous revendiquons la redistribution des richesses produites, et des services publics gratuits et de qualité commme garantie de niveau de vie.

Nous serons en grève le 24 janvier

Le 24 janvier, les principaux syndicats de fonctionnaires appellent à la grève pour une hausse des salaires afin de rattraper la hausse du coût de la vie. Nous trouvons légitime cette revendication pour les bas salaires.

Nous regrettons cependant que seuls les salariés du public soient invités à se mettre en action et ce sur une seule journée sans appel au vote de la reconduction de la grève. N’appeler que les fonctionnaires à faire grève revient à se jeter dans la gueule du loup. Une fois encore, les médias titreront sur ces fonctionnaires qui ne s’intéressent qu’à leur situation quand ils ne les traiteront pas de privilégiés. Ces journées autour de négociations sur les salaires des fonctionnaires aident le gouvernement et les médias à attiser les rancoeurs entre salariés du privé et du public.

Alors pourquoi la CNT21 appelle-t-elle tout de même à cette grève ? Nous ne pouvons pas nous permettre de rater cette journée d’action. En cas de faible mobilisation, celle-ci serait interprétée comme un faible niveau de résistance du monde salarié face aux attaques qu’il subit aujourd’hui et non comme un refus de participer à une stratégie syndicale jugée erronée. Nous participerons à cette journée tout en militant partout où nous le pouvons pour que des assemblées générales se tiennent, qu’elles abordent la question de la reconduction du mouvement, pour que les salariés du privé nous rejoignent afin de lutter eux aussi pour des augmentations de salaires, pour le maintien su système de retraites par répartition, contre le démantèlement de la sécu, contre la généralisation de la précarité.

Travaillons tous, moins et autrement !

CNT 21

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