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Les autorités relancent l’offensive sur la centaine de roms occupant les casernes à Dijon !

Il est temps de réagir !

Cela fait plus d’un an que les anciens locaux de ravitaillement de l’armée dijonnaise, situés dans le quartier du « Petit Creusot » laissés à l’abandon depuis plusieurs années par les institutions militaires, sont occupés par des Roms. Depuis octobre 2009, illes sont plus d’une centaine à habiter les lieux. L’EPIDE, propriétaire de ces établissements, avait décidé de demander une procédure d’urgence pour les expulser avec assignation à référé au tribunal d’instance de Dijon. Cette institution publique issue de l’armée, qui se donne pour mission « l’insertion sociale et professionnelle de jeunes, âgé·e·s entre 18 et 22 ans, en difficulté scolaire, sans qualification ni emploi, en risque de marginalisation et volontaires au terme d’un projet éducatif global », déclarait comme d’habitude devoir remettre à la rue les nombreux·ses enfants, jeunes et adultes Roms, pour leur plus grand bien, sous le prétexte humanitaire d’éviter qu’illes ne se fassent mal et risquent de tomber malade dans des locaux pourtant spacieux et habitables, malgré la précarité et l’hiver.

Comble du cynisme, durant l’audience du 20 novembre, un des arguments avancé par l’EPIDE pour expulser le plus rapidement possible ces nombreuses familles, était la nécessité de vendre ces terrains pour que puisse y être construit un des nouveaux types de prison, dénommés « quartiers nouveau concepts » (voir encadré) pour la réinsertion des jeunes.
Me D. Clémang, l’avocate des familles Roms, a défendu le droit au logement face au droit de propriété et argumenté sur les attaques constantes vis-à-vis des Roms. Sans devoir aller chercher trop loin les illustrations, une des familles Roms se rendant au tribunal venait de se faire sauter dessus par la police et administrer des PVs pour avoir traversé en dehors des clous.

Le juge a semble-t-il fait le choix de prêter l’oreille à une partie des arguments de la défense, puisqu’il a accordé un délai de 4 mois avant l’expulsion. Un collectif de soutien aux Roms s’est reconstitué dans la foulée à Dijon, regroupant divers individu·e·s et associations, dont un certain nombre d’occupant·e·s de la caserne et a apporté un soutien quotidien sur place.

En dépit de ce sursis, depuis le début du mois de février, la Police aux Frontières (PAF) et les policier·e·s dijonnais·e·s contrôlent quotidiennement les habitant·e·s de « la caserne », rentrent dans les maisons, emmènent chaque jour des personnes en garde à vue, distribuent des OQTF en dépit des lois relatives aux ressortissant·e·s européen·ne·s, et menacent de sévir si les familles ne partent pas d’elles-mêmes.

La présence policière à la caserne, les contrôles menaçants et le harcèlement quotidien n’ont malheureusement rien de nouveau, mais il semble actuellement que la préfecture fasse dans l’innovation sinon dans le zèle. Deux personnes ont déjà été emmenées en centre de rétention, alors qu’elles pouvaient pourtant prouver qu’elles étaient en France depuis moins de trois mois et qu’elles n’avaient donc aucune raison de recevoir une OQTF. On ne compte plus les pressions et les abus de toutes sortes. Dernier exemple en date, le 7 février devant la caserne, séparer une mère plusieurs heures de son bébé de quelques mois malade alors qu’elle devait allaiter, pour emmener celle-ci en contrôle d’identité au commissariat. De manière plus générale, nous faisons face à la judiciarisation de chaque faits et gestes de la vie des Roms, qui semblent devenir prétextes permanents à créer des délits qui ne s’appliquent qu’à leur encontre : trouble à l’ordre public passible d’expulsion pour avoir récupéré des vêtements dans une poubelle, amendes à répétition pour mendicité prélevées souvent sans même un procès verbal, amendes pour « traversée irrégulière de la chaussée »...

En parallèle, les blocages des institutions sociales repartent de plus belle. Des personnes se voient de nouveau refuser leur dossier de mise en place de la CMU, avec enquête de voisinage et enquête à domicile de la CPAM chez une personne du collectif qui domicilie des Roms. La CAF transmet à la préfecture toutes les demandes de droit à des prestations faites par des ressortissant·e·s roumain·e·s qui devraient pouvoir les obtenir. De son coté, le CCAS refuse de nouveau de domicilier les Roms sur la commune, sous prétexte qu’illes habitent dans des squats, ou de leur donner comme ils doivent le faire l’adresse d’organismes pouvant assurer leur domiciliation.

Face au soi-disant « problème Rom » annoncé dans le Bien Public du 21 janvier, nous apprenons le 8 février dans ce même journal que F. Rebsamen, maire de la ville et C. de Lavernée, préfet, se seraient rencontrés en janvier afin « d’imaginer des solutions ». Tout ce que nous voyons poindre pour l’instant en guise de « solutions », ce sont les mêmes dispositifs répressifs que l’an dernier au moment où les autorités locales voulaient évacuer les squats de l’avenue de Langres : arrestations à la chaîne, menaces, filatures policières, articles de presse et déclarations discriminantes…
Les autorités tentent de nouveau, par un harcèlement quotidien, d’éviter le scandale d’une expulsion policière, massive et sûrement trop visible, de dizaines d’adultes et d’enfants, pour certain·e·s installé·e·s depuis plusieurs années sur la commune.

Aujourd’hui, nous ne pouvons laisser l’histoire se répéter. Agissons avant que la répression ait fait son oeuvre.

l’équipe "Blabla", Caisse solidarité 21



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