On sait jamais...
Le 13 novembre dernier la préfecture organisait un exercice de sûreté nucléaire sur le site de Valduc. Comme toujours, ces exercices sont l’occasion d’une propagande de haut vol auprès des habitant-e-s des villages voisins : la difficulté tient en ce qu’ il faut à la fois rassurer, « vous voyez bien, tout est sous contrôle », et effrayer, pour que, si par impossible un accident survenait, la population locale s’en remettent sans rechigner à la protection des autorités.
Et on ne parle même pas des accidents de chasse...
On glose souvent sur le « véritable arsenal » qui serait caché dans les recoins des caves des cités. Cependant, en Côte d’Or, ce sont plus souvent les fusils de chasse de nos rustiques campagnes qui font parler la poudre :
Dimanche 28 décembre, à St Jean de Losne, un type, 1,4 g dans chaque bras, tire de sa fenêtre en direction d’un groupe de jeune qui fout le bordel devant chez lui. Aucun n’est touché. Il expliquera au juge qu’un conflit l’opposait aux jeunes, qui lançaient des cailloux dans ses fenêtres. 12 mois dont trois ferme.
Dans la nuit du 19 au 20 janvier, c’est un restaurateur des environs de Chatillon, qui, croyant avoir affaire à des cambrioleurs, tire au plomb de chasse sur un couple de touriste hollandais qui cherchait son chemin. Ils ne sont pas atteints, mais leur voiture reçoit neuf plombs qui crèvent un pneu et brise une vitre. 6 mois de prison, sans mandat de dépôt.
Le 21 janvier, un agriculteur de Selongey est jugé en assise pour le meurtre de son frère pour une sombre histoire d’argent familial. Les deux se sont embrouillés en décembre 2006 au cours de la partie de chasse du premier, le ton monte, un premier coup de plomb part, « je n’ai rien », « ah, t’as rien, tu vas voir ! », une bonne vieille cartouche à chevreuil, raide mort.
Le lendemain, des retraités qui se rendaient à une réunion sur la santé des seniors à la salle des fêtes de Lamarche sur Saône se font shooter dans leur voiture à la 22 long rifle. Ils évitent les balles, qui viennent se logées dans la carroserie ou dans un appui-tête ( !). L’auteur, c’est un jeune du coin, 21 ans, "sans histoire", qui a sorti sa carabine à lunette et son silencieux pour faire comme dans son jeu vidéo favori et exploser des voitures façon sniper.
Un policier exemplaire...
Un sous-brigadier de la CRS 40 de Plombières s’est tiré une balle dans la tête avec son arme de service mardi 16 décembre au matin.
Tout se perd...
Depuis la fin de la conscription, la désertion a perdu de son charme. Saluons quand même les deux bidasses qui étaient jugés à Dijon en décembre pour ne s’être pas repointé à la caserne, le premier pour rester avec sa femme enceinte, et le second parce qu’il ne voyait aucun avenir dans la vie militaire (là, on aimerait lui donner raison, mais...).
Thelma et Louise
Vols de sac, home-jacking, chèques falsifiés, conduite sans permis, délit de fuite : en seulement deux jours d’escapade, deux franc-comtoises de 25 et 16 ans ont semé un beau bordel derrière elles, avant de finir leur course folle après un accident de circulation à Dijon. Et même derrière le triste compte rendu de leur procès dans la presse quotidienne, et même avec de la prison ferme à la clé, on sent dans cette histoire comme un petit souffle de liberté...
...A l’étalage
Huit mois de prison ferme pour divers vols dans des magasins beaunois, un mois avec sursis pour une paire de baskets, la même pour un costume tout neuf, 300 € d’amende pour des bouteilles d’huile et 40 heures de TIG pour du parfum : un florilège de peine diverses et variées, qui dépendent comme d’habitude du casier, de la situation sociale et du contexte.
L’occasion aussi pour les juges d’illustrer leur mépris de classe. À propos du vol de bouteille d’huile, lancé comme un reproche mêlé d’incompréhension à l’ingénieur cleptomane auteur du larcin : « Même un sans domicile fixe ne se serait pas ridiculisé ainsi ! ». Pour le juge Chalopin qui officie ce jour là, voler des bouteilles d’huile quand on n’a pas de quoi bouffer, ce n’est pas la preuve de la faillite de la société, c’est juste « ridicule »...
Sa collègue la juge Parguel, elle, préfère démonter par l’absurde le système de défense d’une autre prévenue : pour lui prouver que, quand même, ça ne se fait pas, elle lui balance l’hypothèse que « tous les gens qui n’ont pas d’argent à l’occasion des fêtes de fin d’année [fassent] comme elle », et se servent dans les boutiques de luxe sans passer par la caisse. Absurde, vraiment ?
...Au boulot
Un ingénieur de Valéo embarque plus de 600 phares dans sa boîte avant de les revendre sur internet. Une jeune fille tape 100 euros de chèque cadeaux dans la caisse de la galerie commerciale de Quetigny où elle taffe. Un agent de sécurité dévalise les entreprises qu’il est censé surveiller. Eux se sont fait serrer, mais des milliers d’autres piquent des truc à droite à gauche au bureau, ou récupèrent le matos « tombé du camion », et s’accordent ainsi une augmentation au nez et à la barbe du taulier.
...À la Mesrine
2 gamins un peu téméraires ont tenté deux braquages en deux jours contre des magasins de la zone commerciale de Quetigny, à visage découvert, avec un cutter et une arme factice. Evidemment, les flics n’ont pas trop tardé à remettre la main sur les deux jeunes âgé de 18 et 15 ans ; direction la taule (en préventive) et le centre éducatif fermé. A peu près au même moment, à Auxonne, les gendarmes locaux étaient fiers d’annoncer avoir démantelé une bande de braqueurs, accusée de trois hold-up dans des commerces de la région.
...À la roue libre
14 novembre, 18 novembre, [...], 23 janvier, 27 janvier, et tous ceux qui ne sont pas relatés dans le BP : les vélodi sont toujours régulièrement libérés de leurs entraves. Mais gare aux patrouilles, qui traquent tout ce qui ne ressemble pas à un utilisateur « normal »...
Ma petite entreprise...
Amora à Dijon et Appoigny, mais aussi Esconor à Venaray-les-Laumes, Barry Callebaut et JTEKT à Dijon, Euroflaco à Chevigny, Fulmen à Auxerre, Look-fixation à Nevers, Valti à Montbard, Neltec à Mirebeau, Fournier à Fontaine-lès-Dijon, Dim à Autun, etc. Crise ou pas crise, licenciement économique, faillite, chômage partiel ou délocalisation, le capitalisme local ou mondial finit de liquider l’activité industrielle de la région. La fin d’un monde assurément. Et la nécessité d’en construire d’autres.
ça se passera pas comme ça
La restructuration du capital ne se passe toutefois pas sans accroc, malgré le travail acharné des François Chérèque et consort. Chez Renault, à la poste, dans l’Education Nationale, à la maison de retraite des Ophéliades, à l’ANPE, à la PJJ, et dans toutes les boîtes suscitées, des conflits opposent les salarié-e-s à la direction, sous des mots d’ordre divers, mais qui mis bout à bout ont de forts relents de lutte des classes.
Tous ensemble, tous ensemble...
Le directeur de l’usine Fulmen (Exide Technologies SAS) à Auxerre, au moment de l’annonce de la fermeture de son usine, avait annoncé à ses salariés qu’il était avec eux. Alors les salariés sont allez le chercher dans son bureau jeudi 29 pour l’emmener à la manif, après lui avoir fait enfiler un joli t-shirt réclamant la mort des actionnaires d’Exide. Les ouvriers ont déclaré que tout c’était bien passé, et qu’ils lui avaient rendu ses clés de voitures à la fin de la manif...

Arbitraire policier
Au début de l’hiver, alors que le froid commence à se faire pressant, les flics interviennent dans un squat occupé par des Roms à Dijon. Ils embarquent une personne qu’ils envoient en centre de rétention à Lyon, et menacent les autres occupant-e-s : au prétexte que faire du feu dans la cheminée serait interdit, ils promettent de revenir les arrêter s’ils voient de la fumée ! Depuis, les habitant-e-s, terrorisé-e-s, préfèrent passer la nuit en dessous de zéro plutôt que de voir débarquer à nouveau les forces de l’ordre...
Une façon comme une autre pour les flics d’affirmer leur petite autorité, et pour les ministères de l’intérieur et de l’identité nationale de rendre la vie impossible aux "indésirables".
une nouvelle variété de flics à Dijon
Le quartier des Grésilles a la chance de bénéficier d’une des 24 premières "unité territoriale de quartier", ou Uteq, mises en place sous l’impulsion d’Alliot Marie pour "réinstaurer un lien de confiance avec la population". Une dizaine de keufs patrouilleront dans le quartier, de préférence à pied, proximité oblige.
La veille de l’annonce de la création de l’unité à Dijon, on apprenait qu’en Seine St Denis, département test, des flics de l’Uteq nouvellement créée avaient été la cible de lancé de cocktails molotov. Le lien de confiance police-population ne semble pas encore tout à fait réinstauré...
discipline militaire
Le centre pour jeunes majeurs en difficultés "Défense deuxième chance", situé à Etang sur arroux (71) et géré par le ministère de la Défense, a pour vocation de réintégré des jeunes en échec scolaire. Pour cela, on peut compter sur toute la finesse de l’armée française, dont sont issus les "formateurs".
Il y a deux ans, l’équipe se faisait virer pour avoir transformer le centre en camp d’entrainement, avec actions commandos, simulation de prises d’otage, et autres barbouseries. Dernièrement, dans un article du BP très euphémiquement titré "le bizutage tourne mal", on apprend qu’un pensionnaire, sommé de participé à un "jeu de rôle d’intégration" dans lequel il devait jouer un homosexuel, a fini maintenu à terre par ses petits camarades et sodomisé par le responsable du centre avec un manche à balais.
La justice, magnanime, a su saisir dans cette histoire toute la part de tradition sans laquelle notre armée ne serait pas ce qu’elle est, et a fait comparaître l’ancien militaire sous l’accusation de "bizutage", avant tout de même de requalifier l’acte en "violence avec arme", évitant soigneusement le terme de viol. 10 mois de prison avec sursis à la clé, et trois d’interdiction d’action de formation.
faya bun
La préfecture était fier d’annoncer que le nombre de véhicules brûlés avait reculé en Côte d’Or en 2008. Face à la publication de ces mauvais chiffres, l’association informelle des incendiaires dijonnais a tenu à mobiliser ses troupes : pas question de se laisser aller à la morosité ambiante !
Dès le week-end du 3 janvier, les départs de feux sur des poubelles ou des voitures se multiplient à Longvic, où l’on compte dans la première semaine de l’année 4 véhicules municipaux carbonisées. Malgré les checkpoints policiers mis en place dans la foulée, personne n’a été interpelé pour ces faits.
La série se poursuit dans l’agglomération dijonnaise le week-end suivant, avec 6 voitures aux Grésilles et à Longvic, et des feux de poubelles à Fontaine d’Ouche.
Décidément, les voyous ne respectent rien, pas même la sévérité présidentielle qui avait promis d’en finir avec l’insécurité. Sarkozy, ne sachant manifestement plus quoi faire pour enrayer l’incendie, en est même réduit à menacer d’interdire les coupables de passer le permis de conduire ( !).
les risques du métiers
Maintenir l’ordre n’est pas toujours de tout repos, et une quinzaine de flics sont blessés chaque mois dans l’exercice de leurs fonction. Si on enlève les accidents bêtes, ça fait quand même un certain nombre de victimes de l’irrationnel mais néanmoins ancestrale haine du flic.
Quelques exemples, et les peines qui vont avec : jets de canettes sur les flics chargés de nettoyer les rues à la fin de la fête de la musique (stage de citoyenneté pour les lanceurs), outrage et rébellion place Wilson (stage aussi, plus 100 euros de dommages et intérêts), un flic à terre dans une interpellation devant une boîte de nuit (8 mois fermes plus 500 €).
Et c’est sans compter l’honneur blessé (qui se monnaye ensuite devant un tribunal), les insultes, les gestes obscènes, comme ce doigt levé au passage d’une patrouille près de la gare (convocation au tribunal en attente), ou les tags anti-policier, comme ceux laissés par des mineurs cambrioleurs de caves sur les lieux de leurs méfaits.
A Dijon, depuis début décembre, un nouveau squat a fait son apparition.
Après la fermeture du Mât-Noir et du Toboggan au printemps dernier, il n’y en avait plus des déclarés à Dijon. Ouvert par plusieurs personnes "à la rue", le Gyro tient. Ses habitants cherchent à héberger les gens "à la rue" comme eux, mais habitués à vivre en communauté.
Depuis l’ouverture, la police a déjà fait trois "descentes" chez eux, à chaques fois plus agressives. La dernière tentative a été la plus "sportive", ils ont tapé dans la porte à coup de bélier et ont brisé une fenêtre, les menacants et les insultants. La resistance, ferme et collective, a permit d’eviter l’expulsion illegale, car aucun rendu du tribunal n’autorisait les flics a les sotir de chez eux.
Des activités seront bientot proposer pour faire vivre la maison, les infos seront accesible sur www ://brassicanigra.org/
Contact : legyro j3i gmail.com