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Mobilisation à Barry Callebaut, la chocolaterie

publié le 10 mai 2009

"L’action de l’entreprise a pris 209% ces dernières années, pour les patrons, c’est vive la crise"

Mobilisé-e-s depuis janvier

Petite histoire de la mobilisation à Barry Callebaut, usine dijonnaise bossant pour Nestle, en lutte depuis janvier contre un plan de revente menaçant plus de 100 postes... Grèves, blocage, irruptions aux réunions du Comité d’Entreprise, référé au Tribunal, manifestations et piquets de grève, c’est une lutte de longue haleine qui se déroule depuis plusieurs mois dans l’usine et avec un soutien exterieur, où les salarié-e-s tentent par plusieurs biais de faire reculer la direction, elle, faisant la sourde oreille...

Le blocage

C’est ainsi que les salariés ont décidé le jeudi 9 avril de bloquer l’accès à l’usine où se tenait depuis la matinée un comité d’entreprise (CE) extraordinaire. "Le CE est très tendu et des salariés ont fait irruption dans la salle à plusieurs reprises pour obtenir de vraies réponses d’une direction qui veut que les 103 licenciements soient effectifs en juin et octobre prochains". La direction exige que la réunion du CE soit délocalisée dans un hôtel de Dijon pour éviter tout autre incident"

La direction de l’entreprise constate alors cette action comme étant "un blocage illégal" , tentant ainsi de faire pression et de faire croire à une intervention policière. Continuant dans la logique de faire pression sur les bloqueurs, la direction fait venir huissiers et tires palettes mais n’arrivera à ses fins qu’après 72heures lorsque les employés décident eux-même de partir.

Le référé au TGI

Le juge des référés a donné raison aux salariés de Barry-Callebaut, dont les syndicats (CGT, CFDT, UNSA) avaient introduit une instance concernant une procédure de licenciement de 103 personnes. Pour le juge, "en refusant de répondre aux questions posées sur le projet, dans l’état où il se trouve, Barry-Callebaut ne remplit pas son obligation d’information et de consultation permettant au comité d’entreprise de formuler un avis éclairé et motivé". Le plan de sauvegarde de l’emploi est donc désormais conditionné à l’obtention d’informations sur l’opération financière en cours avec Natra (une entreprise espagnole).

Aujourd’hui

Plusieurs équipes étaient présente pour le rassemblement devant l’usine, le 7 mai, à 9 heure du matin ainsi que des militant-e-s CGT-fnaf de toute la france venues soutenir. S’en est suivie une manifestation en ville passant devant la Chambre de Commerce et d’Industrie et la préfecture et revenant à l’usine et finissant par un déjeuner devant l’usine, protégée par une société de sécurité privée depuis le début de la mobilisation, "ils ne veulent pas qu’on se mette sur le parking de l’usine, alors on se met devant, sur le trottoir et sur la route"

C’est fort en chocolat

"On fait des grèves de quatre heures par équipe, mais ils savent très bien qu’on a besoin de bosser" nous livre une employée "si on ne fait rien ici, ils le feront faire ailleurs"...
C’est une autre vision de la vie à Barry-Callebaut qu’on découvre par ce biais, la vie de l’usine, elle nous parle des cadences, du travail à la chaine, "nous, on essaye de rendre ce travail supportable, on fait des blagues, on discute, mais certain-e-s ne peuvent même pas parler entre eux, tellement illes sont éloigné-e-s sur les chaines" et "beaucoup finissent par avoir une fragilisation des os à force de faire des gestes répétitifs", maladie, bien sur ignorée par la direction... " s’ils ont de la chance, ils seront reconnus comme travailleurs handicapés par la médecine du travail après avoir étés virés et auront droit à des indemnités inférieures à un RMI"

Blog des ouvriers en lutte



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