

Voici le texte du tract qui sera distribué lors de ce rassemblement :
## Tous fichés ? On ne s’en fiche pas !
Co-signataires : Collectif contre la Biométrie 21, CGT éducation 21, CNT éducation 21, FCPE 21, FSU 21, LCR 21, LDH 21, le Groupe Libertaire, RAS LE FRONT 21, SGEN CFDT 21, SNES 21, Solidaires 21
En Côte d’or, deux établissements scolaires ont installé des bornes biométriques (collèges des Lentillères à Dijon et Quétigny...) pour contrôler les accès à la cantine. C’est en effet à travers les établissements scolaires que les industriels et le gouvernement ont décidé d’expérimenter et de tenter d’accoutumer dès le plus jeune âge à ces nouveaux systèmes sécuritaires de surveillance des populations.
## La Biométrie c’est quoi ?
La biométrie, au contraire d’une carte ou de clés, met un logiciel et d’énormes fichiers en prise directe avec l’anatomie de la personne (iris de l’œil, forme du visage, gabarit de la main, ADN...) ou la voix. De quoi est-on soupçonnés pour être fichés ainsi ?
Avec la biométrie, les caméras ou le suivi par le biais des téléphones portables, toutes les administrations, les polices, et les publicitaires pourront bientôt savoir qui est où et qui fait quoi. Cette logique de contrôle général de la population s’exerce déjà à travers des mesures sécuritaires comme le fichier base-élève et la vidéosurveillance au sein des établissements scolaires, la loi dite de « prévention de la délinquance » dès la maternelle et la volonté de forcer les éducateurs à la délation, ou encore le fichage ADN en extension, ainsi que la remise en place de prisons pour mineurs... Quelle vie privée, quelles libertés, quelles contestations restent alors possibles ?
La biométrie s’insère aussi dans un processus de réduction des personnels scolaires, où le contact humain et le dialogue sont remplacés par des machines infantilisantes, alimentant frustration, impuissance et paranoïa. L’éducation passe par un apprentissage responsabilisant de l’autonomie, le développpement de l’esprit critique, des débats et négociations et non par la mise en place d’un contrôle technologique constant des faits et gestes des élèves.
La campagne nationale contre le fichage biométrique a pour objectif de faire enlever les bornes existantes, ce qui a été obtenu dans d’autres départements, et d’empêcher toute implantation de nouveaux appareillages biométriques (cantine, internat, entrées et sorties...) dans les établissements scolaires de côte d’or.
## Un gadget pratique et high-tech ?
Dans son livre bleu, rédigé en juillet 2004 pour le gouvernement, le GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques, c’est à dire les vendeurs de ces machines), est très clair. A la rubrique « Acceptation par la population » il écrit : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : Education dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants. Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo. »
## Nos droits face à la Biométrie :
Même faible, l’encadrement juridique peut être utilisé. Cette installation doit avoir été votée en Conseil d’Administration et les parents informés individuellement. Vous devez être informé de votre droit de refuser et de la possibilité de vous retirer du dispositif et de faire effacer vos enregistrements si vous le souhaitez, en conservant un droit d’accès à la cantine par d’autres moyens. Votre enrôlement (et oui, c’est comme ça qu’on appelle l’enregistrement de vos empreintes) doit avoir reçu une autorisation préalable de vos parents ou représentants légaux, si vous êtes mineurs ou la vôtre si vous êtes majeurs. Si une de ces conditions n’est pas remplie c’est que la biométrie est illégale dans l’établissement et doit être supprimée. Et toc !
Le 19 février dans la Nièvre, un cambrioleur de 71 ans a été défenestré par l’occupante du logement qu’il était en train de "visiter", elle-même retraitée. Après une chute de 4 à 5 m et avec les deux chevilles fracturées, le grand-père-monte-en-l’air s’est fait conduire à l’hosto par un automobiliste qui passait par là.
On serait tenté d’en rire et de réclamer la retraite à 55 ans pour les métiers difficiles. Malheureusement, le cambriolage présente d’autres risques, indépendant de l’âge du professionnel : les gendarmes sont venu arrêter le voleur malchanceux sur son lit d’hôpital.
Le 18 mars à 5h du mat’, c’est une vieille dame de 74 balais qui s’est fait serrer par les keufs en train de taguer à la bombe sur les voitures garées en bas de chez elles, "parce qu’elle ne les supportait plus".
Réappropriation individuelle ou action directe contre l’emprise de la bagnole sur nos vies, les vieux et les vielles ont des choses à nous transmettre !
À Dijon, le Mât-Noir, rue de l’Île, est actuellement menacé d’expulsion par la Mairie, propriétaire, qui n’a aucun projet pour le bâtiment mais a choisi, pour le principe, de détruire ce lieu de vie où se multiplient débats, ateliers, ciné-clubs, repas de quartiers et autres réjouissances depuis quelques mois. Ce quartier charmant, si ce n’est le voisinage du commissariat, regorge d’ailleurs de maisons murées, certaines depuis une bonne décennie. Cela n’empêche pas que l’on y croise, au cœur de l’hiver, des familles de Rroms réduits à des abris de fortune dans des buissons. Il est aussi à noter que le Toboggan, squat expulsé en mai dernier, après 8 mois d’activités et de lutte, sous prétexte de construction urgente de logements sociaux, est toujours vide. Pris à partie à ce sujet lors d’un meeting électoral par des personnes venues soutenir le Mât-Noir, Rebsamen aurait répondu que « Oui d’accord, mais vous vous débrouillez très bien avec les lois et si on commence à vous laisser quelque part, ensuite on arrive plus jamais à vous faire partir ! ». Donc autant que ça ne serve à personne et surtout pas à des « anarchistes » qui selon lui, finissent de toute façon toujours par se calmer et par changer de bord en vieillissant. Malheureusement pour lui la docilité délavée ne vient pas toujours avec le temps et sans chercher bien loin, les exemples locaux des Tanneries et de Maloka (cf. interview dans ce numéro) contredisent ses propos.
La Mairie vient par ailleurs de lancer une grande campagne d’affichage dans les bus dijonnais sur le thème « Vous avez un logement vide ? la Mairie peut vous aider », à le remplir s’entend. Avec une estimation de quelque 8 000 logements vides dans le grand Dijon l’intention semble louable, mais faut-il rappeler que la municipalité est sûrement le plus gros propriétaire de logements laissés vacants dans la région, dans l’attente de diverses ventes juteuses et autres projets improbables et mégalos, et qu’elle ne se gêne pas pour en virer tout ceux qui, en attendant, voudraient essayer de s’y loger ou d’en faire quelque chose d’utile à grands renforts d’huissiers, avocats, amendes carabinées et pelotons de CRS. Par ailleurs et sans préjugés de classe outranciers, on peut douter que les propriétaires qui accumulent les logements à Dijon soient de grands utilisateurs des bus Divia. Mais n’imaginons pas que la mairie balance l’argent public par les fenêtres, puisqu’il s’agit vraisemblablement surtout ici de créer l’illusion sur ses pratiques sociales et de légitimer les expulsions à venir.
Petit problème mathématique :
La liste conduite par Rebsamen a obtenu 27 368 voix. D’après l’INSEE, Dijon compte 150 800 habitants, dont environ 119 000 en âge de voter.
Quelle-est la part de la population dijonnaise ayant voté pour Rebsamen aux dernières élections municipales ?
Réponse : 23 %, moins d’une personne sur 4.
La politique, ça ne devrait pas être des mathématiques : nos aspirations, nos conditions de vies, notre monde ne sont pas réductibles à des pourcentages. Cela dit, même en les prenant à leur propre jeu, ceux qui voudraient nous administrer auront bien du mal à nous convaincre de nous plier à leurs règles...