À vrai dire, vous avez plus de chances d’en avoir entendu parler si vous êtes habitué-e de la presse boursière qu’en vous intéressant de loin aux politiques locales de santé publique. En effet, ce groupe a pour principale vocation de faire des sous sur la ruine planifiée de l’hôpital public, comme l’annonce d’ailleurs son site internet : « L’hospitalisation publique connaît de réelles difficultés et voit sa capacité de soin diminuer. […] Dans ce contexte, la Générale de Santé est évidemment l’acteur le mieux placé pour assurer les missions correspondant à un vrai besoin de la population ».
En fait de réponse aux besoins de la population, la Générale de Santé n’a fait que reproduire dans le domaine de la santé les vieilles recettes avec lesquelles son aînée Vivendi avait engrangé des millions, à commencer par la cotation en bourse. Outre la multinationale française qui ne compte plus que 10% des parts, le capital du groupe est détenu à 60% par le financier italien Antonio Ligresti, qui compte bien en acquérir toutes les parts (pour celles et ceux qui n’auraient pas fait golden boy en deuxième langue, on dit qu’il a lancé une OPA, offre publique d’achat).
Mais, pour se constituer un matelas d’euros confortable et ne pas devoir s’en servir pour amortir sa chute du 45ème étage d’un building new-yorkais lors du prochain krach, boursicoter ne suffit pas. Les milliards virtuels c’est bien, mais rien ne vaut les bons vieux bénéfices sonnants et trébuchants. Et pour ça pas de secret, il suffit d’appliquer les pratiques qui ont fait leurs preuves :
Là, on comprend un peu mieux ce qui motive la Générale de Santé à regrouper toutes ses cliniques dijonnaises, au détriment de l’offre de santé de proximité : éviter de devoir mettre aux normes les anciens établissements, et surtout les revendre au prix du marché alors qu’elle compte bien acquérir les nouveaux terrains à prix préférentiel, arguant de sa « mission de service public ». Même Le Monde, qu’on peut difficilement suspecter de propagande communiste, note, à propos de la construction d’un hôpital de la Générale de Santé à Lyon, que « les experts considèrent que cette dernière (la Générale) a privilégié les considérations financières au détriment de la qualité des ouvrages… »
À l’heure actuelle, des habitant·e·s de Chenôve se mobilisent pour que la clinique reste dans leur ville et que la santé publique ne soit pas soumise à des impératifs financiers, cette mobilisation rejoint la lutte des salarié·e·s de la GdS pour leurs conditions de travail. Mais au-delà, c’est toute la population de l’agglomération qui est concernée par la politique de santé, et qui doit se préoccuper de prendre en charge cette question.
l’équipe "Blabla"