mardi 29 avril 2008 à 16:30
L’implantation de bornes biométrique dans les collèges et lycées vise à la banalisation, auprès de la jeunesse et dans la société, d’une forme de fichage du corps dangereuse et liberticide. Le Collectif contre la biométrie 21 et divers syndicats de professeurs, associations de parents d’élèves et organisations politiques dijonnaises appellent donc à un rassemblement devant le collège des Lentillères, mardi 29 avril pour demander la suppression de la borne biométrique récemment installée dans ce collège.
Un second rassemblement est prévu, le mardi 6 mai à 16h30, devant le collège Rostand de Quétigny, qui a fait le choix lui aussi d’implanter une borne biométrique.
Voici le texte du tract qui sera distribué lors de ce rassemblement :
## Tous fichés ? On ne s’en fiche pas !
Co-signataires : Collectif contre la Biométrie 21, CGT éducation 21, CNT éducation 21, FCPE 21, FSU 21, LCR 21, LDH 21, le Groupe Libertaire, RAS LE FRONT 21, SGEN CFDT 21, SNES 21, Solidaires 21
En Côte d’or, deux établissements scolaires ont installé des bornes biométriques (collèges des Lentillères à Dijon et Quétigny...) pour contrôler les accès à la cantine. C’est en effet à travers les établissements scolaires que les industriels et le gouvernement ont décidé d’expérimenter et de tenter d’accoutumer dès le plus jeune âge à ces nouveaux systèmes sécuritaires de surveillance des populations.
## La Biométrie c’est quoi ?
La biométrie, au contraire d’une carte ou de clés, met un logiciel et d’énormes fichiers en prise directe avec l’anatomie de la personne (iris de l’ ?il, forme du visage, gabarit de la main, ADN...) ou la voix. De quoi est-on soupçonnés pour être fichés ainsi ?
Avec la biométrie, les caméras ou le suivi par le biais des téléphones portables, toutes les administrations, les polices, et les publicitaires pourront bientôt savoir qui est où et qui fait quoi. Cette logique de contrôle général de la population s’exerce déjà à travers des mesures sécuritaires comme le fichier base-élève et la vidéosurveillance au sein des établissements scolaires, la loi dite de « prévention de la délinquance » dès la maternelle et la volonté de forcer les éducateurs à la délation, ou encore le fichage ADN en extension, ainsi que la remise en place de prisons pour mineurs... Quelle vie privée, quelles libertés, quelles contestations restent alors possibles ?
La biométrie s’insère aussi dans un processus de réduction des personnels scolaires, où le contact humain et le dialogue sont remplacés par des machines infantilisantes, alimentant frustration, impuissance et paranoïa. L’éducation passe par un apprentissage responsabilisant de l’autonomie, le développpement de l’esprit critique, des débats et négociations et non par la mise en place d’un contrôle technologique constant des faits et gestes des élèves.
La campagne nationale contre le fichage biométrique a pour objectif de faire enlever les bornes existantes, ce qui a été obtenu dans d’autres départements, et d’empêcher toute implantation de nouveaux appareillages biométriques (cantine, internat, entrées et sorties...) dans les établissements scolaires de côte d’or.
## Un gadget pratique et high-tech ?
Dans son livre bleu, rédigé en juillet 2004 pour le gouvernement, le GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques, c’est à dire les vendeurs de ces machines), est très clair. A la rubrique « Acceptation par la population » il écrit : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : Education dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants. Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo. »
## Nos droits face à la Biométrie :
Même faible, l’encadrement juridique peut être utilisé. Cette installation doit avoir été votée en Conseil d’Administration et les parents informés individuellement. Vous devez être informé de votre droit de refuser et de la possibilité de vous retirer du dispositif et de faire effacer vos enregistrements si vous le souhaitez, en conservant un droit d’accès à la cantine par d’autres moyens. Votre enrôlement (et oui, c’est comme ça qu’on appelle l’enregistrement de vos empreintes) doit avoir reçu une autorisation préalable de vos parents ou représentants légaux, si vous êtes mineurs ou la vôtre si vous êtes majeurs. Si une de ces conditions n’est pas remplie c’est que la biométrie est illégale dans l’établissement et doit être supprimée. Et toc !
Collège des Lentillères, 18 bvd Schuman